L’écologie politique va-t-elle vous séduire ?

Article publié le 5 novembre 2015
Article publié le 5 novembre 2015

Créés après des mois de guérilla interne et des départs fracassants, les deux nouveaux mouvements, écologistes ! et l’Union des Démocrates et des Ecologistes (UDE), veulent réorienter l’écologie politique et retrouver le cœur des électeurs. Vont-ils réussir à gagner l’amour des français ?

« Réconcilier les Français avec une écologie politique trop souvent perçue comme sectaire, principalement contestataire, contraignante, prescriptive. Il est temps de tenir la promesse d’une écologie positive, constructive, qui parle à chacun. » Voici le cœur de l’acte fondateur d’Écologistes ! , le nouveau parti créé par François de Rugy et Jean-Vincent Placé. Mais le tableau n’est pas rose. Après la débâcle de la candidature Joly aux élections présidentielles (2,31 %) et l’affront des départementales (2,02 %, aucun département gagné), le cardiogramme d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) est plat. La formation survit sous la perfusion d’un Parti socialiste qu’elle s’efforce par ailleurs d’affaiblir, donnant un spectacle édifiant de fidélité politique. Comment en est-on arrivé là ?

Le constat est dur. En France, les questions environnementales intéressent peu l’opinion publique. Avec une sévérité différente, toutes les enquêtes le montrent : l’environnement passe après le chômage, l’éducation, ou encore les impôts et la dette selon un sondage Ifop pour Atlantico de juin dernier. Soit après tout, ou presque : « Jamais l’environnement n’a joué les premiers rôles [...] Subjectivement, les gens n'ont pas le sentiment que cela empiète de façon concrète ou problématique dans leur vie. Et surtout sur leur vie matérielle et dans l'existence quotidienne », commente Daniel Boy du CEVIPOF. L’écologie est perçue comme une variable d’ajustement, et fait l’objet d’un vote « plaisir » lorsque les enjeux paraissent peu importants. Le bon résultat d’EELV aux élections Européennes en 2009 (16%) appuie cette lecture.

Comment, alors, exister politiquement ? En choisissant son camp. Des Verts d’Antoine Waechter au Mouvement Écologiste Indépendant, aucun n’a survécu en refusant la bipolarisation droite-gauche. Pour obtenir une présence médiatique et des alliances, parler seulement de l’extinction de la biodiversité ou des gaz à effet de serre ne suffit pas. Il faut être capable de donner son avis sur chaque sujet, en d’autres mots posséder une vision globale. EELV a fait le choix de rejoindre les thèmes mélenchonnistes : question des migrants, revenu de base et inégalités sociales étaient au menu des départementales.

Mais le parti de Cécile Duflot n’a pas réussi à se faire aimer, ne séduisant pas les électeurs du Front de Gauche et du PS et s’aliénant les (éventuels) sympathisants de droite. Aujourd’hui, François de Rugy et Jean-Vincent Placé proposent donc une nouvelle vision pour porter l’écologie : « mettre à profit les transitions énergétiques, technologiques pour créer des emplois durables, [...] parier sur la capacité d’initiative, d’innovation, de création », et sont favorables à une écologie qui « agit dans les institutions ».   

Le pari est osé. Selon leur récent sondage, 83% des Français souhaitent en effet que l’écologie politique quitte la radicalité et la contestation pour participer aux responsabilités.  Mais l’image d’Écologistes ! pourrait vite devenir floue, à l’instar du MoDem. La nouvelle marque reste à vendre.     

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Cet article a été rédigé par la rédaction de La Parisienne de cafébabel. Toute appellation d'origine contrôlée.