Le Vice-Président du Parlement Européen épingle le bilan désastreux des droits de l’homme en Iran

Article publié le 17 septembre 2015
Article publié le 17 septembre 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

« En Europe, nous sommes tous fiers d’avoir aboli la peine de mort depuis longtemps, pourtant, la Haute Représentante de l’Union Européenne ne semble avoir aucun problème à coopérer avec l’état du monde le plus meurtrier en termes d’exécutions, sans parler des châtiments inhumains qu’il pratique », a déploré le Vice-Président du Parlement Européen Ryszard Czarnecki.

Dans un billet paru dans le Huffington post, Ryszard Czarnecki a noté que sous la présidence d’Hassan Rohani l’Iran a exécuté 2000 prisonniers en deux ans environ et a regretté que les discussions sur le nucléaire iranien aient éclipsé le bilan désastreux des droits de l’homme en Iran.

Certaines victimes, qui ont eu la chance de ne pas être pendues à de gigantesques grues (accessoirement fabriquées dans les pays européens qui commercent avec l’Iran) dont le but n’est pas de construire, mais de détruire des vies, ont subi des amputations et des crevaisons d’yeux.

Il y a quelques semaines, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme  Zeid Ra-ad Al Hussein a affirmé : « J’enjoins vivement l’Iran à faire des progrès notables en matière de droits de l’homme. Le recours toujours plus courant à la peine de mort, l’inquiétude au sujet du droit à un procès équitable, et la détention continuelle de journalistes, de blogueurs et de défenseurs des droits de l’homme restent des sujets de préoccupation majeurs. »

Tandis que les Nations Unies viennent de reconnaître la gravité de la situation des droits de l’homme en Iran, l’Union Européenne a choisi d’ignorer ce problème dans ses relations avec Téhéran.

Le régime iranien a été très clair sur sa politique et s’y tient fermement depuis 1979. Sa politique est faite de répression intérieure, de terreur régionale et mondiale et d’un extrémisme islamique parmi les plus radicaux qui existent. En revanche, la politique de l’Union Européenne est ambiguë, puisqu’elle dit soutenir la démocratie, les droits humains et la liberté, tout en ayant des relations avec le plus grand violateur de chacune de ces catégories et en ignorant ses agissements.

Lors de la séance plénière du Parlement Européen le 9 septembre à Strasbourg, la représentante des affaires étrangères de l’Union Européenne Mme Federica Mogherini s’est exprimée essentiellement sur l’accord nucléaire. Une dizaine de députés l’ont vivement critiquée pour n’avoir pas du tout mentionné les violations des droits de l’homme, la répression contre les femmes et les exécutions publiques pendant sa conférence de presse conjointe avec le ministre iranien des affaires étrangères.

 En tant qu’élus, nous devons défendre nos valeurs européennes et nous insistons sur le fait que tout développement de nos relations avec l’Iran doit être soumis à la condition d’une fin des exécutions et d’un progrès notable des droits humains et de la situation des femmes.