Le TTIP, c'est terminé !

Article publié le 1 avril 2015
Article publié le 1 avril 2015

Dans un communiqué publié ce matin, la Commission européenne a annoncé que les négociations avec les Etats-Unis concernant le traité de libre-échange transatlantique avaient été interrompues, et ce, avec effet immédiat. Une annonce qui risque de faire l’effet d’une bombe, moins de deux ans après le début officiel des pourparlers.

Cela devait être « le plus grand accord de libre-échange jamais conclu » : l’instauration d’un marché commun de 820 millions de consommateurs représentant 25% du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux. Le Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (TTIP) que négocient officiellement les Etats-Unis et l’Union européenne depuis l’été 2013 a connu un épilogue aussi surprenant qu’inattendu ce matin, suite à un communiqué de la Commission européenne relayé par le Parti vert européen. Après avoir consulté les vingt-huit chefs d'Etat et de gouvernement européens, la Commission européenne a pris la décision d’interrompre les négociations avec les Etats-Unis. Très controversé, le traité de libre-échange transatlantique suscitait une opposition de plus en plus virulente de la part des ONG qui dénonçaient un risque d’atteinte aux législations sanitaires, sociales et environnementales. Il en était de même pour de nombreux partis politiques qui redoutaient les conséquences du traité sur l’agriculture, la régulation des marchés ou encore la protection des données.

Pour Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, il s’agit d’une décision capitale pour la démocratie européenne.

« Les citoyens ont parlé et ont clairement rejeté le TTIP, peu importe la forme que celui-ci prendra. Nous souhaitons être une Commission qui reste à l’écoute de ses citoyens. Comme nos amis américains, qui resteront nos amis, le comprendront : nous sommes une Commission du peuple, constituée par le peuple et pour le peuple. Les Européens ont évidemment vu clair dans notre jeu et se sont rendus compte des idioties que nous avons essayées de leur faire croire, comme l’idée que cet accord soit positif pour eux et l’économie européenne. C’est un soulagement de pouvoir enfin admettre ce que nous savons tous : le TTIP n’aurait profité qu’à quelques grandes multinationales, aurait accentué les inégalités et créé un nivellement par le bas des normes sociales et environnementales. C’est probablement mieux ainsi. En ce qui nous concerne, nous allons maintenant chercher à établir des négociations encore moins transparentes avec nos potes de l’autre côté de l’Atlantique et inventer un nom encore plus bizarre pour ces négociations avec un acronyme complètement incompréhensible. »

Une fin en queue de poisson pour un projet historique qui ne verra donc jamais le jour.