LE SPORT FEMININ DOIT-IL SE « PROSTITUER » POUR EXISTER ?

Article publié le 16 avril 2012
Article publié le 16 avril 2012
                                         Équipe de France de football féminine Le sport féminin dans son ensemble, souffre d’une sous-valorisation en comparaison avec l’univers sportif masculin d’un point de vue médiatique, financier mais également auprès des supporters et de l’engouement qui peut exister autour de cette façade du sport.

Le sport de haut niveau, qu’il soit féminin ou masculin, est régi dans une logique de profit. Au delà de l’aspect sportif, le facteur économique entre fortement en ligne de compte dans les choix des diffuseurs. Le souci de l’audience, pour être diffusé, un sport doit attirer des foules de téléspectateurs. Le sport féminin est victime de cette politique appliquée par la majorité des chaînes, radios, magazines & journaux sportifs. Comme le souligne Daniel Bilalian, directeur des sports de France Télévision,  « Le vrai problème est plutôt d'ordre économique, car le public qui s'intéresse de près aux sports est plutôt masculin et l'on sait que la publicité se fait autour d'eux. ». Mais malgré l’enjeu économique, on peut se demander si le côté un peu « machiste » qui existe et persiste dans le monde sportif, ne porte pas préjudice au sport féminin. En effet l’environnement médiatique sportif est habité et contrôlé par une grande majorité d’hommes. Les femmes n’ont que très peu de place et de marge de manœuvre dans ce secteur. Et cela influence sans aucun doute les choix de diffusion et de promotion des différentes chaînes. Aujourd’hui pour qu’une équipe sportive féminine soit médiatisée, il faut quelle face un « coup médiatique » à travers un calendrier sexy, une affiche « provocante ».

       Élodie Thomis | Joueuse de l'équipe de France de football féminine

Le parcours des footballeuses lors de la dernière Coupe du Monde au Brésil ou elles ont décroché une très belle deuxième place a été un élément déclencheur. Après le fiasco de Kynsa, les supporters ont suivi de très près le parcours des françaises lors de cette compétition, même si la couverture de celle-ci ne se « limitait » qu’à quelques retransmissions de matchs sur W9. Bien loin du foot buisness, les footballeuses ont dégagé des valeurs de combativité, de respect, d’humilité que les téléspectateurs ont tout de suite relevé. C’est alors qu’un engouement populaire c’est développé autour de cette équipe. Un événement qui a obligé les médias à s’adapter à la situation. Une dans L’Equipe, reportages télévisés, les Françaises se sont alors retrouvées en premier plan. Malgré elles, les joueuses de l’équipe de France vont faire ressortir au goût du jour un débat qui jusqu’alors était passé en second plan : la place des femmes dans le monde du sport professionnel.

En ce qui concerne les sports collectifs, la France possède des équipes féminines très compétitives à l’image des basketteuses (championnes du Monde en 2009), des handballeuses (vice-championnes du monde 2010), des rugbywomen (2ème du tournoi des 6 nations 2012) et bien sûr des footballeuses (vice-championnes du monde 2010). Ces bons résultats et la volonté des supportrices de voir du sport féminin à la télévision on poussé les médias à faire des efforts. Eurosport, France 4, W9, Sport+, autant de chaînes qui diffusent occasionnellement des matchs féminin sur leur antenne. Mais la couverture reste encore minime et la différence avec le sport masculin énorme.