Le sommet européen : amputé mais bien présent

Article publié le 1 mars 2012
Article publié le 1 mars 2012
Par Nicolas Arens C’est un nouveau sommet qui débute ce jeudi à Bruxelles. Au menu : crise économique et autres sujets un brin plus enthousiasmant. Il faut dire que grâce à l’Allemagne, l’ordre du jour a été quelque peu bousculé. On ne parlera pas du pare-feu européen, mais bien d’emploi, de croissance et d’adhésions diverses. L’Europe est en crise. Rien d’original là-dedans.
Or, la crise, l’Europe connait. C’est même, pourrait-on dire, une de ses spécialités. Jean-Claude Junker ne disait-il pas « l’Europe est en crise, donc elle existe » ?

Alors que la crise de la dette souveraine semble s’éterniser en Europe, on pourrait s’attendre à des mesures fortes de la part des dirigeants européens. Mais est-ce que ce sera encore le cas quand on apprend que l’Allemagne refuse de parler du mécanisme européen de stabilité (MES) ? Pourtant un tel « pare-feu » est réclamé par certains Etats Membres et le G20 lui-même. Il faudra faire l’impasse dessus, cette fois du moins, et d’autres discussions devront alimenter le déjeuner du vendredi matin. Reste que le climat n’en devient pas tendu pour autant et des effets positifs peuvent être espérés, comme cet accord pour soutenir l’emploi et la croissance dans l’UE ou l’accalmie partielle sur le front de la Grèce.

Cependant, à trop nous rabattre les oreilles avec « leur crise », on en oublierait les bons côtés du sommet. Pour la Serbie, en tout cas, c’est un grand moment : malgré les dernières réticences de la Roumanie, elle devrait en effet acquérir le statut de pays candidat. On ne pourra sans doute pas en dire autant pour la Bulgarie et la Roumanie et leur entrée dans l’espace Schengen. De fait, il semblerait que les Pays-Bas demeurent réticents à l’entrée des deux pays dans la zone de libre circulation. Au chapitre international, on peut s’attendre à de nouvelles discussions sur la Syrie ainsi que sur le printemps arabe. Le conseil sera aussi tenu de préparer les sommets internationaux du G8, G20 et Rio+20.