Le sommet ECOFIN: face à la crise, l'indispensable coopération

Article publié le 10 novembre 2008
Article publié le 10 novembre 2008
Article écrit par Marc-Antoine Carreira da Cruz A l’heure où la crise financière et économique mondiale bat son plein, le sommet ECOFIN du 4 novembre était un double test pour les grands argentiers européens : démontrer une capacité d’entente et d’action à la hauteur des ambitions de l’Union européenne, mais également produire des mesures efficaces face aux défis financiers actuels.

L’enjeu était crucial car c’est au moment où la crise frappe de plein fouet le monde industriel et financier que les citoyens comme les industriels souhaitent voir l’Union agir pleinement. Les moments difficiles sont précisément ceux qui permettent le mieux de tester la légitimité de l’Union car c’est alors que l’on peut vérifier la maturité politique des Etats membres à prendre leur responsabilité et à s’unir pour envisager des solutions à l’échelon adéquat, en l’occurrence le niveau supranational qu’est celui de l’Union.

Malgré les divergences, l’ECOFIN a élaboré un package de mesures. Concrètement, les ministres se sont entendus sur une aide financière en soutien de celle du FMI à destination de la Hongrie. Le plafond de l’aide financière de la Communauté sera quand à lui relevé de 12 à 25 milliards d’euros.

Stabilisateurs économiques : un deus ex machina?

lagardeD’autre part, l’accent a été mis sur la politique budgétaire. Plus précisément, les ministres comptent sur les stabilisateurs économiques. Actuellement, les entrées fiscales, indexées sur les différents profits et revenus, diminuent alors même qu’il y a une forte hausse de demande des prestations sociales. Les budget seront donc déséquilibrés mais ils contribueront à prendre en charge, partiellement, les difficultés. L’idée étant que les stabilisateurs économiques contribuent à freiner le ralentissement de l’économie à défaut d’équilibre budgétaire parfait, la difficulté étant de garder à l’esprit les limites du Pacte de stabilité et de croissance.

Pour le reste, l’ECOFIN a surtout préparé le terrain du sommet informel du 7 novembre qui réunira les chefs d’Etats et de gouvernements des Etats membres à Bruxelles. Le Conseil s'est accordé sur les principes qui devront faire l’objet de décisions de la part de ces derniers : consolider une place à part entière pour le FMI dans la sauvegarde du système financier international, travailler avec les pays en voie de développement, et surtout veiller à ce que le principe sacro-saint de transparence du système reprenne la place centrale qu’il aurait toujours dû avoir.

Mais la perspective est encore plus large pour les Européens puisque le véritable enjeu est le sommet de Washington du 15 novembre, au cours duquel les discussions sur une refonte du système financier international débuteront.