Le sommet de Bratislava peut-il ressouder l'Union Européenne ?

Article publié le 17 septembre 2016
Article publié le 17 septembre 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Les dirigeants des états membres de l'UE se sont rencontrés aujourd'hui à Bratislava afin de débattre sur la manière dont l'Union Européenne devrait faire face aux problèmes des réfugiés et du Brexit. À l'approche de cette réunion, Donald Tusk a appelé à "une analyse sérieuse et honnête de la situation". La presse européenne a appréhendé ce sommet avec un mélange d'espoir et de scepticisme.

Les politiciens sont enfin à l'écoute des européens - Kristeligt Dagblad, Danemark

Kristeligt Dagblad espère de tout cœur que les représentants des états membres et de l'UE vont retrousser leurs manches et s'efforcer de vaincre leurs différences à Bratislava : "Tout indique que les dirigeants de l'UE ont compris quels sont les problèmes actuels. L'UE doit être renforcée dans beaucoup de secteurs clés, mais en parallèle, elle doit exercer moins d'influence dans d'autres domaines. Bien que beaucoup de politiciens aient cédé à la tentation d'exprimer leur opposition ou leur euroscepticisme, l'Union a besoin de tout le soutien politique et public possible. Une Europe dans laquelle les pays ne coopèreraient pas entre eux est inimaginable. Il n'y a aucune alternative envisageable à cette Union Européenne. Nous devrions être heureux que les politiciens écoutent désormais les peuples européens." (16/09/2016)

L'UE a besoin de bonne volonté par-dessus tout - Sydsvenskan, Suède

Sydsvenskan craint qu'il ne soit pas simple de réconcilier les différents intérêts qui sont en jeu au sein de l'UE : "Des tonnes d'étagères contenant des traités, des directives et des régulations régissent la coopération au sein de l'UE. Mais à quoi servent les règles et les accords si personne ne les suit ? La coopération au sein de l'UE ne peut pas être générée par des règles. Elle doit se baser sur notre bonne volonté et sur notre disposition à faire passer en priorité le bien commun avant de penser aux conflits d'intérêts nationaux. Sans la présence de bonne volonté, l'UE ne pourra tout simplement pas fonctionner. Y en a-t-il suffisamment pour briser la spirale de mécontentement qui subsiste face à l'UE ? La réponse à cette question pourrait être apportée à Bratislava." (16/09/2016)

Retirer son pied de la pédale d'intégration - Dennik N, Slovaquie

À chaque fois que l'UE rencontre des problèmes, un système d'intégration plus poussé est automatiquement présenté comme étant la solution miracle, affirme Dennik N, appelant à une nouvelle approche : "Si votre voiture a un problème avec le moteur, la conduite de carburant, l'allumage, la boîte de vitesses ou les freins parce qu'ils ont été assemblés trop vite et avec des pièces défectueuses, il est inutile d'appuyer sur la pédale d'accélérateur encore plus fort. La seule chose à faire est d'arrêter la voiture et de la faire réparer afin de remplacer ces composants défectueux. Grâce au sommet de Bratislava et aux mois à venir, nous saurons si les dirigeants de l'UE ont réussi à vaincre leur fâcheuse tendance à résoudre le problème de l'intégration avec une intégration encore plus conséquente. Mais à en juger par le récent discours de Juncker, président de la Commission européenne, il y a peu de chances que ce soit le cas. Il a reconnu la nature des problèmes existants mais ne trouve pas d'autre solution que de donner davantage de pouvoir à Bruxelles. Pour en rester à la métaphore de la voiture, avec de tels conducteurs au volant, cette dernière cessera de fonctionner bien avant d'atteindre sa destination." (16/09/2016)

L'exclusion des britanniques est inacceptable- The Times, Royaume-Uni

Le fait que Jean-Claude Juncker ait décidé de ne pas convier le Royaume-Uni à ce sommet est la preuve qu'il souhaite les punir pour avoir majoritairement voté en faveur du Brexit, dénonce le Times : "Les documents de divorce n'ont pas encore été donnés. La Grande-Bretagne est toujours un membre de l'UE et son premier ministre devrait être présent... Les intentions de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, sont devenues très claires. Il veut mettre en place un cordon sanitaire entre la Grande-Bretagne et les membres restants. Dans son discous sur l'état de l'Union annuel prononcé hier, M. Juncker a déclaré qu'il respectait mais regrettait la décision de la Grande-Bretagne de quitter l'UE. Ses actes trahissent toute once prétendue de regret. Il ne sera pleinement satisfait que lorsque la Grande-Bretagne sera punie et aura le statut de paria."