Le Royaume-Uni et l'Europe : deux jours à tuer

Article publié le 6 mai 2015
Article publié le 6 mai 2015

Deux jours avant les élections générales en Grande Bretagne, les Tories et le Labour sont au coude à coude dans les sondages. Chef de file des conservateurs, David Cameron a renouvelé sa promesse de tenir un référendum sur la sortie de l'UE s'il remportait les élections. Et les autres ?

Salzburger Nachrichten - Autriche : la question centrale du Brexit

La question du Brexit restera d'actualité après les élections, quelle qu'en soit l'issue, estime le quotidien chrétien libéral Salzburger Nachrichten : « Les Britanniques détermineront par leur vote cette semaine s'il y aura réellement un référendum. … Selon les sondages actuels, environ un tiers d'entre eux est favorable à une sortie de l'UE. C'est pourquoi les Britanniques devront inévitablement mener le débat sur leur avenir au sein de l'Europe, indépendamment de l'issue des urnes. Même les partis pro-européens ne peuvent se permettre de céder leur place à long terme à des eurosceptiques et à des populistes comme l'UKIP de Nigel Farage, faute de quoi ils ne pourront exorciser le spectre d'un Brexit. Que ce soit par le truchement d'un référendum, comme le prévoit Cameron, ou d'un autre moyen de pression : le prochain gouvernement devra parler de réformes avec l'UE. Tout le monde pourra en tirer profit. Car sur bien des points, d'autres citoyens de l'UE partagent les réticences des Britanniques, par exemple la nécessité de réduire la bureaucratie et d'augmenter la transparence. » (05.05.2015

Pohjalainen - Finlande : seule contre tous

Les Britanniques desserviraient les intérêts du pays s'ils choisissaient de sortir de l'UE dans le cadre d'un référendum, estime le quotidien libéral Pohjalainen : « Actuellement, Londres est le cœur du secteur bancaire d'Europe occidentale. Or il serait intéressant de réfléchir aux changements qu'un Brexit entraînerait à ce niveau. Le centre du monde financier se déplacerait progressivement mais irrémédiablement vers l'Allemagne. Les possibilités pour la Grande-Bretagne de poursuivre le libre-échange avec les pays de l'UE devraient être réévaluées. Du point de vue de la politique extérieure aussi, la stratégie de Cameron est surprenante. En dehors de l'UE, la Grande-Bretagne perdrait de son importance. Même les États-Unis, son indéfectible allié, voient d'un mauvais œil le coup de poker de Cameron. … L'envergure de la Grande-Bretagne ne lui permet pas d'envisager un avenir meilleur en dehors de l'UE qu'en son sein. » (05.05.2015

Euinside - Bulgarie : ne me quitte pas

Un Brexit nuirait autant aux Britannique qu'à l'UE, met en garde Adelina Marini sur son blog euinside : « Une sortie de la Grande-Bretagne de l'UE serait le signal qu'un pays jadis enclin à l'aventure est devenu timide, qu'un pays aux ambitions mondiales est devenu un observateur nombriliste, qu'un pays connu pour son ouverture au monde referme les portes à ses voisins, qu'un pays dont l'histoire repose sur la confiance envers autrui se mette à se définir par la rancœur. Il n'existe pas encore d'analyse approfondie sur les répercussions qu'un éventuel Brexit aurait sur l'UE, mais les idées qui circulent en Europe laissent penser que le départ d'une nation comme la Grande-Bretagne, avec son ouverture d'esprit et sa forte tradition commerciale, serait une lourde perte. » (04.05.2015

La Repubblica - Italie : go LibDem !

Les Libéraux-Démocrates joueront un rôle clé dans l'avenir de la Grande-Bretagne, explique l'historien Timothy Garton Ash dans le quotidien de centre-gauche La Repubblica : « L'issue du scrutin entraînera probablement la formation d'un gouvernement de coalition ou d'un gouvernement minoritaire. Une solution classique sur le continent mais inhabituelle et angoissante pour les Britanniques. Paradoxalement, ces élections, qui seront les plus européennes de toutes les élections britanniques, pourraient avoir pour conséquence la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE. Cette sortie serait suivie de la sécession de l'Écosse. En tant qu'électeur britannique, c'est une chose que j'aimerais empêcher. … En dépit de la complexité des différentes considérations, la menace est claire : c'est la raison et non les émotions qui doivent nous guider dans ce vote. Il est indispensable qu'un noyau de quelque 35 députés LibDem soient élus au Parlement. Car ils ont le pouvoir d'influencer une coalition ou un gouvernement minoritaire, que ce soit avec le Labour ou les conservateurs, à droite ou à gauche. » (05.05.2015