Le Royaume-Uni au bord de la crise de nerfs

Article publié le 20 novembre 2014
Article publié le 20 novembre 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

À quelques jours des élections partielles à Rochester and Strood et suite à la réclamation d'une rallonge de 2,1 milliards d'euros par la Commission européenne, le Royaume-Uni est actuellement en plein stress.

D'abord, le parti conservateur au pouvoir perd de plus en plus de terrain face au parti indépendantiste UKIP. Un récent sondage montre que plus d'un quart (27 %) des personnes qui ont voté pour les conservateurs aux élections générales de 2010 ont l'intention de donner leur voix en faveur de l'UKIP. Ce parti, dirigé par Nigel Farage, bénéficiera aussi probablement du soutien des travaillistes et des démocrates libéraux. Selon le Daily express, ce retournement de situation a cependant permis au Parti travailliste de devancer les conservateurs de 4 précieux points.

Les Tories ont toutefois une bonne raison de s'apaiser. Après avoir reçu une addition salée de la part de l'Union européenne ayant donné des sueurs froides à Cameron, le chancelier de l'Échiquier George Osborne a affirmé que le Royaume-Uni n'aurait à payer qu'un milliard d'euros au lieu des 2,1 milliards initialement demandés. Le paiement sera fait en deux fois, au cours de la seconde moitié de l'année prochaine. Après les élections générales de 2015, donc, et sans amende. « Nous avons divisé la somme en deux, retardé le paiement, et nous n'aurons aucun intérêt à payer » s'est félicité Osborne auprès du Huffington Post.

Malgré la situation, les rivalités politiques font rage. Miliband a accusé Cameron de ne pas jouer franc jeu quant à sa position sur la sortie du pays de l'UE. En effet, le chef du Parti travailliste a affirmé que le premier ministre britannique était déchiré entre les intérêts du pays et les demandes de ses députés, désireux de quitter l'Union européenne. Pour marquer sa position, Miliband a promis aux chefs d'entreprise que de son côté, il ne ferait jamais sortir le Royaume-Uni de l'UE. Néanmoins, les conflits éclatent au sein même des travaillistes, où certains députés complotaient pour l'évincer de la tête du parti. Miliband a nié les faits lors d'une interview à la BBC. Cameron, quant à lui, tente de gagner des points : il a annoncé que les Tories avaient pour projet d'empêcher les migrants originaires de l'UE de toucher le chômage et a promis un budget de plus de 18 milliards d'euros pour moderniser les routes britanniques.

A l'extrême droite du spectre politique, Farage s'évertue à répéter que le Royaume-Uni est devenu « la réserve de main d'œuvre bon marché de l'UE » et avertit que le problème de l'immigration ne « fera que s'amplifier ». Cependant, l'image de l'UKIP a été mise à mal après l'absence remarquée du député eurosceptique Mark Reckless à un débat contre sa rivale conservatrice, Kelly Tolhurst. Les organisateurs de l'événement, tenu à Rochester dans le cadre des campagnes électorales, ont placé une chaise vide derrière la pancarte indiquant son nom afin de souligner son absence. Pendant ce temps, la BBC est sous pression après avoir refusé d'autoriser les verts à participer aux débats télévisés dans le cadre des élections. Le Parti vert, le Parti gallois Plaid Cymru et le Parti national écossais tentent de pousser la chaîne à les inclure, à l'instar de l'UKIP.