LE ROLE DES MEDIAS POUR LES JEUNES EST DE CONTRER LES MEDIAS POLITIQUES CORROMPUs

Article publié le 19 février 2014
Article publié le 19 février 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Karike (Les Liens) est un magazine pour les jeunes produit par une équipe de jeunes de Bosnie-Herzégovine et écrit particulièrement pour la jeunesse. Il existe depuis six ans déjà en langues bosniaque, croate et serbe et tout le travail de l'équipe est devenu une entreprise exemplaire pour un média fait par les jeunes..

En­tre­tien réa­lisé par Ste­fan Alie­vikj

Pu­blié par Ana Ali­be­gova

Jus­qu'à au­jour­d'hui le ma­ga­zine est réa­lisé grâce aux bé­né­voles et cette équipe éton­nante der­rière Ka­rike pro­mou­voit en même temps le vo­lon­ta­riat.

Notre en­tre­tien de cette se­maine sur Mla­diinfo se dé­roule avec notre ami Haris De­do­vic, ré­dac­teur en chef de ce ma­ga­zine de jeunes. On y va !

M!: Com­ment a dé­buté l'his­toire de Ka­rike ? Quand a été pu­blié le pre­mier nu­méro et quelle était la prin­ci­pale mo­ti­va­tion, quels étaient vrai­ment les buts au tout début ?

Haris : L'his­toire de Ka­rike a dé­buté avec celle de ONAu­BiH (As­so­cia­tion de la Presse pour les Jeunes en Bos­nie-Her­zé­go­vine) et de ses dé­buts. C'était le pre­mier pro­jet de notre As­so­cia­tion de pro­duire un média. La pre­mière édi­tion a été pu­bliée en 2007 . La mo­ti­va­tion et les buts, au début, étaient d'avoir un es­pace où tous les jeunes en Bos­nie-Her­zé­go­vine pou­vaient par­ler de leurs pro­blèmes, sans au­cune cen­sure et sans avoir une ex­pé­rience de jour­na­lisme. Au­jour­d'hui, le but est le même, avec en plus des amé­lio­ra­tions et des mises à jour. Nous vou­lons que Ka­drike tienne tou­jours ce rôle, mais aussi que ce soit l'en­droit où les jeunes qui tra­vaillent pour le ma­ga­zine ap­prennent et ac­quièrent leur pre­mière ex­pé­rience pour des re­por­tages éthiques et pro­fes­sion­nels. Nous amé­lio­rons aussi son contenu et son sens. Nous ne par­lons pas juste des pro­blèmes, mais nous don­nons l'in­for­ma­tion per­ti­nente que les jeunes de Bos­nie-Her­zé­go­vine ne trouvent pas dans la presse cou­rante.

M!: Ka­rike est prin­ci­pa­le­ment dis­tri­bué en ver­sion im­pri­mée. Est-il ac­ces­sible en ligne ?

Haris : Oui Ka­rike est aussi en ligne, sous la forme d'un ma­ga­zine en ver­sion PDF. Des ar­ticles de Ka­drike sont aussi pu­bliés sur de nou­veaux por­tails dans le pays. On vient de com­men­cer une co­opé­ra­tion ré­gio­nale avec un média en ligne. Mais oui, c'est vrai, Ka­drike est un ma­ga­zine pé­rio­dique qui a ses règles de re­por­tages, d'ana­lyse, de pu­bli­ca­tion et ne sera pas en ligne, sauf peut-être dans cer­taines cir­cons­tances.

M!: Peut-on consi­dé­rer Ka­rike comme un ma­ga­zine qui am­pli­fie la voix des jeunes, spé­cia­le­ment quand il par­tage des opi­nions de la jeu­nesse sur la po­li­tique ; y-a-t-il aussi l'es­pace pour d'autres conte­nus ?

Haris : Ka­rike est un ma­ga­zine de jeunes et veut le res­ter. Cela veut dire que Ka­rike fait des re­por­tages sur tous les su­jets qui concernent les jeunes. Alors, oui, on pu­blie de nom­breux ar­ticles po­li­tiques, mais d'autres su­jets sont aussi im­por­tants, per­ti­nents et in­té­res­sants pour la jeu­nesse de Bos­nie-Her­zé­go­vine- les ac­ti­vi­tés des ONG , la créa­tion d'en­tre­prise, l'éco­no­mie, la santé, l'en­vi­ron­ne­ment, etc. Le but prin­ci­pal de notre ma­ga­zine est de four­nir des ar­ticles sur des su­jets qu'on ne trouve pas dans les autres mé­dias qu'on peut lire au quo­ti­dien et qui sont per­ti­nents pour les jeunes. Et si cela concerne la po­li­tique, on écrit aussi sur ce sujet. Ce n'est pas un ma­ga­zine po­li­tique, c'est un ma­ga­zine pour les jeunes.

M!: Peux-tu com­pa­rer avec d'autres mé­dias qui res­semblent à Ka­rike dans d'autres pays ?

Haris : C'est dif­fi­cile. Il existe, bien sûr de bons sup­ports pour les jeunes où ils trouvent de l'in­for­ma­tion sur des su­jets per­ti­nents, Mla­diinfo par exemple, mais je dirai que Ka­drike a un sens et un style dif­fé­rent. Parce qu'on ap­prend de ma­ga­zines comme Feral Tri­bune (Croa­tie), Slo­bodna Bosna (Bos­nie-Her­zé­go­vine) et Buka (Bos­nie-Her­zé­go­vine), mais dans le choix des su­jets et sur les chan­ge­ments parmi les jeunes, on est plus pro­gres­sif. Nous es­sayons d'être un mé­lange du style de la bonne «  vieille école » et du « new age » , mou­ve­ment que la jeu­nesse s'ef­force tou­jours de suivre.

M ! : Récemment, il y a eu des manifestations massives en Bosnie-Herzégovine, exprimant le mécontentement de la population envers l’élite politique qui dirige le pays. En tant que créateur d’un média de jeunes, quelle est ton opinion sur ces évènements ? Quel est le rôle d’un média pour les jeunes en ce qui concerne l’information et l’analyse de la situation actuelle ?

Haris : Dieu merci, les citoyens ont enfin décidé de réaliser de sérieux changements. En tant que jeune journaliste, travaillant pour un média et citoyen, je pense que c’est génial et que ça fait déjà un moment que ça aurait dû avoir lieu, mais mieux vaut tard que jamais. Le mouvement s’est exprimé avec violence, et ce n’est pas le meilleur moyen, mais les manifestations contre le Numéro d’Identification Personnel (JMBG) démontrent que dans les pays dirigés par une élite politique comme en Bosnie-Herzégovine, c’était impossible de changer les choses sans « montrer des dents aiguisées ». Maintenant que les citoyens ont montré qu’ils ont le pouvoir ils retournent à des manifestations pacifiques avec des demandes vraiment concrètes. Je pense qu’ils ont agi de la bonne façon. Le rôle des médias des jeunes est de corriger, de contrer et de s’opposer aux médias politiques corrompus, et il y en a beaucoup en Bosnie-Herzégovine. Le rôle des médias de jeunes est de dire « les médias soutenus par les élites politiques font de la propagande contre ces protestations en disant que ce ne sont rien d’autres que des citoyens désespérés avec la corruption, le chauvinisme et l’incompétence du gouvernement que nous avons depuis 1991 ».

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