Le réveil de l'Europe énergétique? 

Article publié le 21 mars 2014
Article publié le 21 mars 2014

(En direct du Conseil Européen)

L’euphorie des déclarations de la vieille concernant le conflit en Ukraine et l’adoption de nouvelle sanctions s’étant apaisée, et,  l’accord d’association étant signé, les vingt-huit ont pu se concentrer sur l’Europe de l’énergie. 

La Russie signe, l’UE renvoie la balle

Le Conseil Européen du 21 Mars s’est félicité de la nouvelle avancée dans sa coopération et sa solidarité envers l’Ukraine. Le volet politique de l’accord d’association a été signé ce matin, à l’heure où la Douma signait la ratification du traité d’intégration de la Crimée à la Russie. Un jeu de ping-pong auquel les européens et russes aiment à se prêter ces derniers jours !

Cependant, « cet accord n’est pas complet » rappellent à l’unisson les chefs d’Etats et de gouvernements. L’accord devrait bientôt être finalisé intégrant la partie commerciale.

Bruxelles s’est ensuite voulue rassurante : malgré la priorité donnée à la Russie, les questions énergétiques et climatiques fondamentales à l’Europe ont été abordées et ont fait l’objet d’un «  accord unanime ».

« Il faut travailler ensemble », Herman Van Rompuy.

Un premier volet concerne l’Union énergétique. « Il faut travailler ensemble ». Le président du Conseil Européen, Herman Van Rampuy, a mis en avant la solidarité indispensable des européens en matière d’énergie.  La difficulté d’un Etat-membre doit mobiliser l’ensemble de la communauté : c’est le projet ambitieux qu’ils se sont fixés en partie à travers le « Connected continent » package.

Sur l’exemple de la relation entre l’Espagne et le Portugal en matière d’approvisionnement énergétique, l’Union prône une meilleure coordination qui viendrait complémenter ce premier volet. Concrètement les pays possèdent des interconnections bilatérales ou multilatérale limitées, qui limitent les capacité de la communauté européenne et qui doivent ainsi être développées au niveau européen.

Dépendance énergétique : une coquille vide ?

Le conflit Ukrainien a relancé le défi de l’indépendance et la sécurité énergétique de l’UE. Il apparait désormais primordial pour l’Europe d’évoluer vers une réduction de sa dépendance au gaz, particulièrement russe (qui s’élève à 80% des importations européennes).

Bien qu’encore assez vagues, les solutions alternatives misent principalement sur l'énergie renouvelable. Par conséquent l’Union rappellent les objectifs de l’Europe 2020 et invite vigoureusement l’ensemble des Etats-membres à s’engager pleinement afin de se retrouver en Mars 2015 autour de résultats positifs concrets.

Si les leaders ont largement insisté sur ce point, tous regrettant cette position de dépendance, des projets à court terme seraient clairement utopiques et les solutions alternatives sont actuellement limitées. La volonté des chefs d’Etats et de gouvernements ne manque pas, ce qu’il nous faut à présent, ce sont des mesures concrètes et réalisables dans les délais impartis.

La pression de Paris 2015

Dans l’optique de la COP 21 qui se tiendra à Paris en 2015, l’orientation énergétique de l’Europe vers le renouvelable s’intensifie toujours plus.

Parmi les mesures, on retrouve : la réduction des émissions de CO2 de 40% en 2030 (en ligne avec l’objectif des 80% en 2050 ; soit un retour aux chiffres de 1990) ; la réforme profonde du marché du carbone pour abaisser les coûts de l’énergie, ainsi que  l’intégration à 27% des énergies renouvelables dans le bilan énergétique européen.

Autant de projets ambitieux qui traduisent une volonté de « maitriser nos transitions énergétiques et diminuer nos émissions de gaz à effet de serres » (F. Hollande), pour une Europe plus propre, plus économique et plus compétitive.

Le ton a été donné par François Hollande : Paris 2015 doit réussir là où Copenhague 2009 a échoué.

Dans la forme les objectifs sont posés, les défis réaffirmés. L’Union Européenne, à travers ces grandes lignes, compte sur l’opérativité de chacun des Etats-membres pour réussir et s’affirmer toujours plus sur la scène internationale. Il en va non seulement de son écologie et son économie, mais aussi des ses stratégies géopolitiques.