Le renouveau du film allemand à Séville

Article publié le 17 novembre 2006
Article publié le 17 novembre 2006

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Avec plus de 160 projections, la troisième édition du Festival du film européen de Séville a attiré presque 80 000 spectateurs et récompensé deux productions allemandes.

« Le cinéma européen est un cinéma d’émotions, un cinéma de sensations, de petites et grandes histoires ». La citation est de Manuel Grosso qui s’y connaît question 7ème art, puisqu’il dirige le Festival de cinéma européen qui s’est déroulé du 3 au 11 novembre à Séville.

Pour autant, face aux blockbusters américains, ce type de cinéma, souvent applaudi par la critique, est souvent jugé trop contemplatif et peu rentable.

« Aujourd’hui, le cinéma italien revient en force, grâce a une nouvelle génération de réalisateurs », a déclaré Grosso lors de la cérémonie d’ouverture du festival. Au programme : ’Romanzo criminale’, de Michele Placido, ’Il caimano’[Le caïman], de Nanni Moretti, ’Nuovomondo’, d’Emanuele Crialese, ou ’Rosso como il cielo' {Rouge comme le ciel] de Cristiano Bortone.

Nouvelle vague allemande

Si les organisateurs ont voulu rendre hommage à l'Italie, c'est l'Allemagne qui a raflé les principaux prix.

‘Venus’, un film britannique réalisé par le Sud-africain Roger Michell, figurant dans la Section Officielle, a remporté le Giraldillo d’or [la statuette du Festival représentant une statue de la Giralda, tour de la cathédrale de Séville], doté de 60 000 euros. Une histoire qui brille par son « admirable défense des valeurs de la vie et de l’amour », selon les mots de la présidente du jury, l’actrice et écrivain allemande Margaret von Trotta.

Le Giraldillo d’argent (30 000 euros), est allé à ’La vie des autres’ du réalisateur allemand Florian Henckel von Donnersmarck. Ce film d’espionnage qui a pour décor l’Allemagne des années 80, a vu son thème revenir brusquement dans l’actualité avec la mort le 9 novembre dernier de Markus Wolf, mythique espion est-allemand, surnommé «  l’homme sans visage ». Selon Quirin Berg le producteur du film, « le sujet a beaucoup touché les Berlinois ».

Le film part d’ailleurs parmi les favoris dans la course aux European Film Awards (EFA) qui seront décernés le 2 décembre prochain à Varsovie. Autres films très en vue : ‘Volver’, de Pedro Almodóvar et ‘Le vent se lève’, du Britannique Ken Loach.

Le Prix du public (60 000 euros), a été attribué ‘Emma’s Bliss’ [La chance d'Emma] de l’Allemand Sven Taddicken, un des 36 films présentés dans la section ‘Europa Europa’. Le scénario intimiste évoque un homme cancéreux en phase terminale qui apprend avec Emma, une fermière solitaire, à profiter des derniers moments de sa vie.

Le Prix du Jury (30.000 euros) a été partagé par le dernier film de Claude Chabrol, 'L'Ivresse du pouvoir' et par la coproduction franco-russo-italienne 'Jardins en automne' d'Otar Iosseliani.

La sélection ‘Eurodoc’ a elle primé un autre documentaire allemand : ‘Massgeschneiderte Traüme’ [Rêves sur mesure] de Marco Wilms, qui narre le voyage en Europe d’un tailleur indien à la poursuite de ses rêves.