Le PS et l’Europe ou le complexe de Kaamelott

Article publié le 12 mars 2009
Publié par la communauté
Article publié le 12 mars 2009
J’ai honte de l’avouer, mais je n’arrive pas à être sincèrement attristé par la tragi-comédie des listes européennes du Parti Socialiste français.
Pourtant, en tant qu’européen sincère, je devrais être révolté par ces sombres affaires de postes, de places et de petits egos mal placés, qui jettent un peu plus le discrédit sur des élections qui n’en avaient pas besoin…

Mais bon, j’y peux rien, je suis mort de rire. Sincèrement. Ca doit être le côté comique de répétition, je suis très client de ce genre d’humour. Les alliances, les trahisons, les portes qui claquent, je me régale ! Il y a ce petit côté prévisible qui fait les grands comiques : on attend la chute, et elle arrive, immanquablement. La salle, ravie et comblée, s’esclaffe.

Le PS, c’est un peu comme Kaamelott, en fait… Pour ceux qui ne connaissent pas Kaamelott, tout d’abord, vous me ferez cent pompes et dix Ave. Ensuite, j’explique. Kaamelott est donc cette série constituée (au moins pour les quatre premières saisons) d’épisodes très courts (de trois à sept minutes) détaillant les mésaventures du roi Arthur et de ses bras cassés de chevaliers à la recherche du Graal. Tout ce petit monde jure comme un charretier, et ceux qui ne sont pas totalement caractériels font preuve d’un rare niveau d’incompétence. L’élément comique fondamental de cette série, c’est que chaque personnage est défini par un certain nombre d’attitudes typiques. Le retour permanent du même comportement est ce qui engendre le rire, en même temps qu’un certain sentiment de familiarité.

Avec le PS, c’est pareil. On sait déjà qu’ils sont mauvais. On sait déjà que l’Europe, c’est le cadet de leurs soucis. Mais on se passionne quand même pour leurs déboires, parce qu’on sait que l’épisode d’après nous plongera un peu plus profondément dans la débilité.

On peut même continuer la comparaison. L’Europe, en l’occurrence, c’est un peu comme le Graal. Tout le monde est censé le chercher, mais en fait personne ne sait que c’est et au final tout le monde s’en fout. On voudrait bien lancer des recherches, partir à Jérusalem, tout ça, mais bon, il y a des invasions barbares, des guerres territoriales, et le royaume à administrer. Alors le Graal…

Vous avez c’est quoi le vrai problème dans Kaamelott, qui fait que tout foire immanquablement ? C’est que le roi il a été choisi pour accomplir une mission. Mais son poste de roi, il dépend pas du succès de la mission, il l’a déjà ! Un royaume, une femme, une épée qui brille, que demander de mieux ? Le Graal, c’est super, mais nulle part il est dit que celui qui le trouvera deviendra roi. Il aura juste la gloire éternelle… Alors, en attendant, on va pas non plus se cailler le sang tout de suite…

Le problème des élections européennes, c’est qu’on peut les perdre ou les gagner, ça ne change rien à l’objectif final. Regardez Sarkozy. La plus lamentable des défaites de toute l’histoire aux européennes de 1999! Ca l’a quand même pas empêché d’être président…

Le problème des élections européennes, c’est que le public a l’impression qu’elles n’ont aucune influence sur ce qui l’intéresse vraiment en politique, c'est-à-dire les luttes de pouvoir. Vous croyez que ça intéresse quelqu’un le paquet énergie ou la stratégie de Lisbonne ? Mais commencez à mettre un poste de pouvoir dans la balance, genre la place de Barroso, et tout d’un coup on va commencer à prendre les paris… Mais bon, encore faudrait-il que les socialistes européens aient un candidat…

Non, mais décidément, on est pas aidé…