Le printemps de l'europe spatiale

Article publié le 29 avril 2008
Publié par la communauté
Article publié le 29 avril 2008
L’actualité spatiale ne prend que quelques secondes dans les JT. Et pourtant... Si enfant vous rêviez d’être cosmonaute plutôt que pompier, vous saviez que vous auriez du naitre Américain ou Russe. A défaut, les petits Italiens, Allemands ou Français moyen jusqu'ici, devaient bien se faire une raison...et devenir pompier.

Et bien ce n’est plus le cas en ce début de 21e siècle: pour les petits Européens d’aujourd’hui, les portes de l’espace s’ouvrent, enfin.

On connait déjà l'aventure -et le succès - du lanceur Ariane, devenue référence mondiale. Mais cet exploit technologique et commercial paraissait bien terne comparé au grand frisson du débarquement lunaire ou à l'exploration, fut elle automatisée, du système solaire.

Et pourtant, imperceptiblement, le rêve s'est frayé sont chemin. Peu après le début du XXIeme siècle, la mission Mars express est la première réalisée par les Européens à destination d'une autre planète du système solaire, afin d'y détecter de possibles traces d'éléments favorables à la vie. Sa petit sœur, Venus express est partie deux ans plus tard, en 2005. Quand à Rosetta, elle est, après avoir observé plusieurs astéroïdes, en chemin vers le plus intriguant d'entre eux, Churyumov-Gerasimenko, sur lequel le module Philae doit atterrir en 2014...

Enfin, on se souvient particulièrement de la sonde européenne, Huygens, affrétée par le vaisseau Cassini de la Nasa, et de sa rentrée dans l'atmosphère dense de Titan, aux confins du système solaire. Un record jusqu'à ce jour, et une prouesse qui démontre une maitrise technologique par les Européens.

L'atv décolle Il reste que tout cela est réalisé par des machines direz vous...plus pour longtemps.

Le premier vaisseau spatial Européen

Particulièrement Soutenu par les italiens au sein de l'ESA, le programme Aurora rêve maintenant de transformer l'essai et d'aller plus loin, sans oublier les missions habitées à destination de la lune et Mars. Chimères, alors même que l'Europe ne peut envoyer des Astronautes par ses propres moyens ? Pas si sur.

Le 9 mars 2008 à 01h03 heure de Kourou, l'ATV jules Verne décolle à destination de la station spatiale Européenne Colombus Il s'agit d'un vaisseau cargo automatique - le premier du genre pour le vieux continent.

ATV arrimage A première vue, ce vaisseau-cargo automatique n’a rien pour faire rêver. Et Pourtant...son tonnage sans précédant et sa sophistication en font un des vaisseaux les plus performants à ce jour. Et surtout, il est facilement modifiable pour accueillir des astronautes.

Cela deviendra d’autant plus nécessaire qu’à très court terme les USA annoncent leur désengagement de la Station Spatiale internationale (ISS) que Ronald Reagan avait lancée durant la "guerre des étoiles". La navette spatiale américaine, trop coûteuse, sera mise au rebut avant 2010.

L’ATV - l’Europe - deviendra le seul pourvoyeur de billets à destination de Colombus, le module Européen de la station....et même le seul moyen d’accès à la Station Spatiale Internationale tout court.

Ce vaisseau automatique rend donc l’Europe complètement indépendante des USA pour son accès à l’espace. Si le programme suit la voie du succès de Ariane dans le domaine des satellites en convoyant vivre et équipages, il risque de facto de propulser l'Europe au rang de première puissance spatiale.

La naissance d'une ambition ? ( enfin !)

Rappelons en effet que les débuts de la conquête spatiale européenne, avec la fusée Europa (cinglant échec), puis Ariane, furent impulsés par le refus des USA d’accorder aux européens la liberté de lancement de leur satellites, soumis à l’inspection obligatoire et à l’accord du Pentagone. Galileo.png

Même causes, mêmes effet, le projet Galiléo vise à s'émanciper du GPS américain. Après plusieurs pressions et tentatives de séductions de la part des Etats-unis, puis des dissensions entre états européens, l'UE a proposé de financer à 100 % le programme. Ce réseau sera en outre ouvert à des partenaires comme l'Inde, la Chine, le Brésil et plusieurs nations désireuses de s'émanciper du contrôle US sur le GPS.

L'Union Européenne crée ainsi le premier service public européen et donne naissance, enfin, à une véritable ambition spatiale communautaire ( et non plus inter-étatique).

Après le succès de l'ATV et de Colombus, le prochain conseil des ministres des transports en 2008 aura a se prononcer sur les bases d'un programme de transport européen d'Astronautes, qui n'implique que des adaptations mineures de l'ATV. L'ESA est quand a elle en discussion avec l'agence spatiale Russe,( deja impliquée dans l'ATV et le lancement de progress à partir de Kourou part la societé mixte Starcem), pour l'utilisation de l'ATV à des fins lunaires.

Le module pressurisé serait remplacé par une capsule habitable, avec un système de rentrée atmosphérique semblable dans son concept au Module de commande Apollo. Les japonais on déjà annoncé leur intention de rejoindre la mission lunaire si l'Europe trouvait un accord avec les russes.

esa_lune.jpg Le directeur général de l’Agence Spatiale Européenne ,Jean-Jacques Dordain, ne cache pas que Le rendez-vous spatial automatisé de l'ATV, avec un amarrage à l’ISS sans intervention humaine, était un banc d’essai " pour de futurs vols spatiaux humains et pour des missions de retour d’échantillons de Mars"

ATV compare Après un parcours labyrinthique, les européens n'ont jamais été aussi près d'ambitions spatiales qu'ils n'imaginaient plus. Cet avenir repose entre les mains du prochain conseil des ministres.

La Chine, bien moins riche et expérimentée que le vieux continent, a fait l’effort d’envoyer ses astronautes en orbite par ses propres moyens. L’Europe elle, malgré sa richesse et son avancement technologique, hésite.

Etrangement, l'européen moyen, alors que l’espace s’offre à lui, n’a d’yeux que pour les dernières joutes électorales made in USA. Alors même que, abandonnant leur station spatiale, sans vaisseau de transport, et bientôt dépendant des Européens pour leur accès à la station, les premiers pas d’Amstrong sur la Lune et la splendeur passée de NASA semble déjà bien loin. Ironie de l'histoire, c'est Norman Spinrad, écrivain de science fiction Américain qui, au début des années 90 imaginait dans le Printemps Russe le rapprochement Euro-russe à destination de l'Espace.

La conquête spatiale, après avoir été le terrain de compétition des grandes puissances du 20e, change de visage et révèle à quoi ressemblera le 21e siècle sur Terre. Une page a discrètement, mais définitivement, été tournée. Il nous reste, à nous Européens, d’en prendre conscience et de retrouver l’envie d’écrire l’Histoire.

Sources :

http://www.esa.int/esaMI/Aurora/index.html

http://www.esa.int/esaCP/France_previous.html

Discours de Nicolas Sarkozy pour un mission européenne à destination de Mars

Les parlementaires Français se prononcent pour une Mission Européenne a destination de la Lune