Le président du Parlement européen déclare sa flamme à Strasbourg

Article publié le 29 mars 2012
Article publié le 29 mars 2012
Par Lucie Dupin Martin Schulz a pris la présidence du Parlement européen en janvier dernier. Et avec elle, Strasbourg en épousailles. En guise de dote, l’Alsacienne l’a élevé au rang de citoyen d’honneur de la Ville, au moment des traditionnels vœux de début d’année.
L’eurodéputé allemand (S&D), président de l’Institution, a réitéré sa déclaration au micro d’une radio suédoise cette semaine : « Le siège du Parlement européen est à Strasbourg »

Rassembler toute l’activité parlementaire en un seul lieu de travail. C’est ce que souhaite Martin Schulz. L’eurodéputé-président fait lecture claire du traité, le Parlement a un siège officiel, acté à Strasbourg. Il reconnaît que la navette entre Bruxelles et la capitale alsacienne n’est pas toujours efficace. Mais là où d’autres plaident en faveur de la capitale belge, le président du Parlement se positionne pour un regroupement à Strasbourg. Outre le symbole historique que représente la ville pour accueillir le lieu de la démocratie européenne, l’argument prend une dimension nationale. Martin Schulz rappelle en effet que la France se positionne comme deuxième contributeur au budget de l’Union européenne. A ce titre pourtant, le pays n’accueille qu’une seule Institution, qu’il devrait pouvoir conserver. La question du siège officiel relève bien des traités européens et de leur modification. Modification à ratifier à l’unanimité des Etats membres. A moins de vouloir se planter un couteau dans le dos, le veto de la France pourrait donc encore peser quelques temps dans la balance.

Siège officiel v/s accueil du public

Voilà de quoi conforter les conclusions du récent rapport « Le siège dans tous ses états ». Le dossier, produit par l'Association Européenne des Jeunes Entrepreneurs, dresse le bilan des arguments pro et anti-Strasbourg. Conclusion, les coûts du siège strasbourgeois sont à relativiser : 51,5 millions d'euros, soit dix centimes d'euros par citoyen et par an. De son côté, la ville de Strasbourg fait tout pour entretenir son image de capitale européenne. La déclaration du Président du Parlement européen réjouit son maire Roland Ries, qui prescrit une petite piqûre de rappel à propos du « Lieu d’Europe ». Cet espace d’accueil et d’information sur l’Union européenne et l’Europe à Strasbourg est attendu de longue date par les associations du secteur. 2012 devrait voir décoller le projet, financé par la collectivité. En attendant, à Strasbourg, en 2011, quelques 148.700 visiteurs (visites de groupes et en individuel pendant et hors session, visites scolaires, séminaires et colloques) ont été accueillis au Parlement européen. Enfin, l’autre capitale de l’Europe dispose, elle aussi, d’un espace d’accueil pour le public. Financé par le Parlement européen et ouvert en septembre dernier, le Parlamentarium de Bruxelles comptabilise déjà sa 100 000ème visite.