Le petit oiseau va sortir

Article publié le 3 janvier 2007
Article publié le 3 janvier 2007

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

«Avoir la braguette ouverte». Si l’incident est fréquent, les Français manquent parfois de créativité pour le faire remarquer. Comment alors nos voisins européens aident-ils un ami masculin à se sortir d’une telle situation ? Les expressions oscillent souvent entre allusions viriles ou humiliation animale. De façon caractéristique, les Français ne peuvent résister à le tentation de montrer leur ferveur républicaine en notant parfois que «la mairie est ouverte». Loin des tendances nationalistes, vous pouvez aussi vous entendre dire, cher lecteur mâle, que «le magasin est ouvert». Les Catalans eux jugent que l'identification de la braguette à un vague magasin où seraient gardées quelques précieuses marchandises n'est pas assez spécifique. A Barcelone, c'est donc la pharmacie que vous tenez ouverte («tenir la farmàcia oberta»). Plus à l’est, les Polonais s’en tiennent à un conseil pragmatique : «remontez la fermeture au dessous de votre cou» disent-ils simplement et sans rougir [«zapnij si pod szyj»]. Outre-rhin, les Allemands recourent à une métaphore plus imagée en glissant un délicat «votre étable est ouverte» [«dein Hosenstall ist offen»]. En Italie et en Espagne, c’estle petit oiseau qui s'échappe [respectivement «scappa l’uccellino» et «se escapa tu pajarillo»]. En anglais, il est aussi question de bête à plumes dont le «vol» évoque l'ouverture incongrue d’une braguette. «Vous volez sans permis», font finement remarquer les Britanniques [«you’re flying without a license»]. Avec leur courtoisie légéndaire, nos voisins anglais laissent de côté toute connotation phallique pour souligner la nécessité d’une autorisation légale afin de laisser votre membre voler à loisir.