Le Pen et Wilders : L'Europe fait-elle front ?

Article publié le 14 novembre 2013
Article publié le 14 novembre 2013

La Française Marine Le Pen et le Néerlandais Geert Wilders ont annoncé mercredi à La Haye la création d'une alliance d'extrême droite. Ils entendent former un groupe au Parlement européen après les élections de 2014. 

 

SME : De l'habileté politique

Geert Wilders et Marine Le Pen ont en commun leur habileté politique, analyse le quotidien libéral Sme : « Ils parlent de liberté et de démocratie, disent se reconnaître dans les valeurs libérales, et militeraient presque pour les droits des femmes ou des homosexuels. Mais ils ne le font que pour un groupe de personnes : les leurs. Ils sont hostiles aux Européens de l'Est et aux musulmans, encore plus aux immigrés, et ils fustigent la perte de souverainetés au profit de Bruxelles. … Les partis d'extrême droite connaissent également un regain en Scandinavie. Des pays qui ne sont pourtant confrontés ni à la crise ni à la présence massive d'immigrés irréguliers. Là-bas, les populistes surfent sur la crainte du déclassement social ressenti par les classes moyennes. Et sur la déception vis-à-vis des partis traditionnels, qui gèrent la crise sans visions neuves. Fermer les yeux face au populisme ne fait que le renforcer. » (14.11.2013)

Deutschlandfunk : Où est l'europe ?

La nouvelle alliance d'extrême droite n'est pas encore un motif d'inquiétude, mais pour exorciser le risque, les partisans de l'UE doivent réussir à rapprocher l'Europe de ses citoyens, estime la radio publique Deutschlandfunk : « Il y a matière à s'alarmer, parce que ces forces vont en s'amplifiant. Elles affaiblissent tous ceux qui veulent construire l'Europe. … Il y a matière à se rasséréner quand on se rappelle que finalement, lorsque différents d'individus, issus de différents partis et de différents pays, veulent former un groupe [au Parlement européen], les intérêts supranationaux opèrent toujours inévitablement un certain rééquilibrage. ... Alarmés et rassérénés à la fois, les députés, candidats, gouvernements et commissaires européens ne devraient toutefois pas se méprendre sur un point : s'ils ne réussissent pas à mieux faire comprendre l'UE et son action, s'ils ne parviennent pas à rallier les citoyens à leurs décisions, il ne faudra pas s'étonner que les sirènes nationalistes aient carte blanche pour séduire les électeurs, partout en Europe. » (14.11.2013)

De Volkskrant : le combat continue

La visite très médiatisée de Le Pen à La Haye marque le coup d'envoi de la campagne pour les européennes, constate le quotidien de centre-gauche De Volkskrant : « Contre l'offensive des eurosceptiques, les partisans de la collaboration européenne semblent démunis. Ils accusent déjà un net retard [dans les sondages]. Il est grand temps que l'on songe à relever le défi lancé par Wilders. En y opposant de bons candidats, des messages convaincants et des contributions actives de la part des présidents de parti. Mais jusque-là, les partis présentent des têtes de listes inconnues et tablent sur une forte abstention pour limiter les dégâts. Cela revient à sous-estimer les électeurs, et à renforcer l'aliénation que ceux-ci éprouvent vis-à-vis du projet européen. » (14.11.2013)

30 pays - 300 médias - 1 revue de presse

euro|topics