Le Parti populaire européen en plein congrès pré-électoral

Article publié le 4 mai 2009
Article publié le 4 mai 2009
Varsovie a accueilli le congrès du Parti populaire européen dans son Palais de la culture et de la science, un édifice mégalomane offert par Staline au peuple polonais. Economie sociale de marché et anti-protectionnisme sont les priorités du programme électoral du PPE.

C’est sous un soleil sans pareil, rond comme une arène que s’est tenu le congrès du Parti populaire européen organisé par l’eurodéputé conservateur espagnol López Istúriz, le 29 avril 2009, à Varsovie. Autour du palais, la « policja » avait déployé des effectifs impressionnants. Les employés des chantiers navals de Gdansk, dont le leader historique sous le régime communiste, Lech Walesa, est venu clore l’évènement préélectoral des conservateurs européens, menaçaient de manifester devant les portes du congrès. La fermeture des chantiers navals est quasi-certaine.

(Nabeelah Shabbir)Du beau monde était attendu : Donald Tusk, l’Italien Silvio Berlusconi, ou encore le président de la Commission européenne, Durão Barroso, qui a récemment déclaré que « la responsabilité de la détresse des employés des chantiers navals en Europe incombait aux gouvernements », laissant entendre que la Commission ne ferait rien pour sauver les emplois dans ce secteur.

Un parti très populaire rencontrant peu de difficultés

Le calme règne dans les rangs du Parti populaire qui ne semble pas subir les effets de la crise dans la perspective des élections. Les sondages nationaux lui donnent de bonnes chances de gagner les élections européennes pour la troisième fois consécutive, avec en tête l’Italie, la France, l’Allemagne, la Hongrie ou la Pologne. Cependant, il ne faut pas se fier aux apparences : la veille du congrès, les Tories britanniques « avaient annoncé leur départ amical du PPE après les élections » par la voix de William Hague, le responsable des relations extérieures du parti. Cette décision pourrait accélérer la création d’un nouveau parti qui ferait concurrence au PPE à droite, même si pour le secrétaire général du PPE, « ce n’est qu’une annonce, ils reviendront très vite au PPE, qui les accueillera à bras ouverts. »

(Nabeelah Shabbir)

Les points clés du projet conservateur pour l’Europe

A l’occasion de ces élections, le Parti populaire réaffirme sa ligne idéologique traditionnelle dans une Europe dont les racines sont toujours jugées « judéo-chrétiennes ». Sans rompre avec le passé, il voit d’un bon œil le pari sur l’énergie nucléaire, même s’ils laissent à chaque Etat le soin de décider s’il veut s’engager ou non dans cette voie. Pour sortir de la crise, le parti insiste sur la nécessité de baisser les impôts pour les entreprises et les particuliers, ainsi que sur l’introduction d’une « préférence européenne » à l’embauche, qui pourrait également « freiner l’entrée des immigrés clandestins ».

Enfin, sans nommer le concept de « flexisécurité » inventé par les socialistes danois dans les années 90, les conservateurs proposent qu’ « à l’avenir, les modalités du travail soient plus souples, tant au niveau de la journée et de la semaine de travail, que tout au long de la vie professionnelle ; ainsi, les périodes de travail pourraient précéder ou succéder des périodes consacrées à la formation, aux loisirs, à la famille ou au travail social. » Le Parti populaire souhaite expressément que Durão Barroso soir reconduit à la tête de la Commission européenne pour cinq ans, ce que seul le socialiste Jacques Delors a fait auparavant, entre 1985 et 1995.