Le Parlement européen, une mini-ville dans la ville

Article publié le 16 mars 2011
Article publié le 16 mars 2011
par Aurélie Feller Avec quelques 10 000 occupants quotidiens autorisés, du personnel permanent aux visiteurs de passage, la population du Parlement européen équivaut à la population d'une petite ville, telle que Ahlem près de Hanovre en Allemagne, ou Beccles en Angleterre. Cette véritable mini-ville dans la ville offre à ce flot d'usagers tout le nécessaire quotidien, voire même un peu plus...
Mais, quel est l'intérêt de ce foisonnement de services ?

Rapide revue des services

Dans les étages, une série de bars, cantines, restaurants, cafétérias, au rez-de-chaussée, trois agences bancaires, un bureau de poste, une librairie, une agence de voyage, dans le parking, encore un supermarché.... Non, vous n'êtes pas la galerie commerçante d'un centre urbain, mais bien au Parlement européen. « Tout ces services se justifient par le grand débit de personnel », selon un fonctionnaire interrogé sur place. Si l'administration du Parlement compte déjà plus de 3000 personnes, le chiffre de fréquentation peut monter jusqu'à 10 000 visiteurs par jour si l'on y ajoute toutes les personnes de passage, précise un membre du service-presse. Et tout ce beau monde occupé a besoin de facilités dans son quotidien. « C'est une question d'efficacité de dépenser trop de temps pour ces tâches habituelles », ajoute le fonctionnaire.

Beaucoup de nécessaire et un peu de superflu

Inspiré de la culture d'entreprise et de l' « office cocooning », on met en plus à disposition des employés des lieux de détente. A l'étage inférieur, se nichent la salle de sport dotée d'un sauna et d'une salle de squash, au niveau zéro, un pressing et même un coiffeur pour se refaire une beauté. Et pour encourager le personnel à utiliser des moyens de transport propres, un service de location de vélos est également disponible. Au total, plus ou moins 270 personnes exercent une activité professionnelle dans ce type de services payants. Cependant, pour ces services « extras », l'effectif ne dépassent pas plus de 25 personnes, selon Costas Stratigakis, le directeur général des infrastructures et de la logistique. C'est certes peu, mais cette démarche ne cacherait-elle pas une tentation à un traitement privilégié « de luxe » des employés ? « Non, pas nécessairement, il n'y a rien de démesuré, ni d'extravagant. D'ailleurs, c'est justement cela qui justifie d'autant moins de tout mettre à l'intérieur du Parlement », argumente Isabelle Durant, Vice-Présidente du Parlement européen en charge du volet vert de la gestion des bâtiments.

Ouvrir le Parlement européen à Bruxelles

Pour elle, si certains services sont utilitaires, d'autres le sont moins. D'après l'eurodéputée bruxelloise, « dans ce quartier correctement équipé proche du centre-ville, les fonctionnaires pourraient tout à fait sortir ». Certes, désenclaver le quartier est un défi futur, conclut-elle, pourtant il ne faut pas suramplifier la réputation autarcique et élitiste de l'euro sphère. Et la Vice-Présidente de préciser que « la plupart des fonctionnaires se mélangent aux Bruxellois ». La majorité habitent à Bruxelles et pas forcément dans ce même quartier. Le défi est d'encourager les points de rencontre et les activités dans le quartier pour ouvrir l'euro-bulle vers l'extérieur sans oublier les impératifs de sécurité.

Mise à jour 30/03/2011 : effacement de la mention de Pau comme étant une ville d'environ 10 000 habitants.