Le Parlement européen siège "exceptionnellement" à Bruxelles?

Article publié le 4 septembre 2008
Article publié le 4 septembre 2008
Strasbourg, le 4 septembre 2008 Une décision sans appel.
« Il n’a pas encore été possible, malgré les efforts de nos services et de l’assistance des autorités françaises de répondre à la situation de force majeur qui nous empêche de réunir ensemble des conditions de sécurité sur le site de Strasbourg», a-t-on expliqué aux députés européens, suite à une décision du Bureau du Parlement (le Président du PE et les 14 vice-présidents).

Le 7 août dernier, une partie du faux plafond de l’hémicycle du Parlement européen de Strasbourg s’effrondrait – bien heureusement, en l’absence de session plénière, le pire avait été évité (voir l'article de Babel Strasbourg).

Après que la première session de septembre avait été déplacée à Bruxelles pour des raisons évidentes de sécurité, voilà qu’on apprend que le Parlement européen ne siègera pas non plus à Strasbourg pour la deuxième session qui devait se tenir du 22 au 25 septembre.

Les études des cabinets d’experts défrayés sur place ne sont pas pour rassurer puisqu’il semblerait que des malfaçons aient été identifiées dans d’autres parties de la structure du bâtiment. Comme l’indiquaient aujourd’hui les Dernières Nouvelles d’Alsace, le Parlement a jusqu’au 31 décembre de cette année (fin de la garantie décennale de l’IPE4 de 1999) pour mettre à jour de potentiels défauts de construction à la suite de quoi « les frais d’expertise et de travaux ne seront plus pris en charge par les assurances ».

Un coup dur pour Strasbourg. Et le débat du siège est relancé de plus belle, offrant une raison supplémentaire et une belle opportunité aux détracteurs de Strasbourg pour appuyer les arguments en faveur de Bruxelles (A quand la fin du Parlement européen à Strasbourg?). On apprend d’ailleurs de sources proches que l’atmosphère bruxelloise se tend et que le conflit entre pro- et anti-strasbourgeois n’ira qu’en s’amplifiant. Sept chefs de groupes, dont Joseph Daul, défenseurs de la capitale alsacienne se sont d’ailleurs réuni aujorud’hui pour organiser la défense des sessions à Strasbourg.

Roland Ries, maire de Strasbourg, qui sur les questions européennes avait fait campagne municipale sur le thème du siège du Parlement européen a rappelé hier que « les traités européens fixent à Strasbourg le siège du Parlement européen, où doivent se tenir douze sessions par an. Qu’une de ces sessions soit exceptionnellement tenue ailleurs en raison d’impondérables est acceptable. Mais l’exception ne saurait devenir la règle, et il revient au Parlement européen, en lien avec la Présidence française du Conseil et avec la Ville, de faire le nécessaire pour que les traités soient respectés dans la mesure du possible. »

Au delà de la valeur symbolique du Parlement européen pour la capitale européenne Strasbourg, l’enjeu économique local est de taille. Les hôteliers et restaurateurs strasbourgeois ont souffert de l’absence de session en septembre. Sans même parler des auxiliaires du Parlement dont la situation jugée précaire et irrégulière par le Conseil des Prud’hommes doit être requalifiée en CDI.

Il reste à savoir de quelle marge de manœuvre la présidence française du Conseil bénéficiera pour se saisir du dossier.