Le Parlement européen réagit à l’arrestation de Hu Jia

Article publié le 18 janvier 2008
Article publié le 18 janvier 2008
Strasbourg, Parlement européen, le 17 janvier 2008 Par Jean-Baptiste Mathieu Son nom ne vous dira peut-être rien, mais il est le symbole d’une inquiétante dérive qui sévit en Chine à quelque mois du début des Jeux Olympiques de Pékin.
En réponse à l’arrestation du finaliste du prix Sakharov 2008, le dissident chinois Hu Jia, le Parlement européen a adopté hier une résolution réclamant « sa libération immédiate ainsi que celle de tous les dissidents qui ont été arrêtés et incarcérés pour délits d’opinion ».

Le 27 décembre 2007, Hu Jia a été arrêté à son domicile pour incitation « à la subversion du pouvoir de l’Etat». Alors que la Chine va organiser les Jeux Olympiques de 2008, le dissident Chinois, engagé dans la lutte contre le SIDA et la dénonciation des atteintes faites aux droits de l’homme dans son pays, utilisait Internet pour dénoncer les exactions en cours en Chine à la veille de la plus importante manifestation sportive au monde. Le 26 novembre dernier, au cours d’un entretien avec les membres de la Commission des droits de l’homme du Parlement européen, il estimait que la perspective des Jeux Olympiques avait pour conséquence une recrudescence en matière de persécution des défenseurs des droits de l’homme.

Le Président du Parlement européen, dans une déclaration du 31 décembre, avait déjà demandé la libération de Hu Jia et le respect des droits de l’homme, « y compris la liberté d’expression », dans le pays hôte des prochaines olympiades.

Des condamnations de plus en plus virulentes de la part du Parlement

Par la résolution adoptée le jeudi 17 janvier, les députés européens demandent non seulement la libération d’Hu Jia mais aussi « celle de tous les dissidents qui ont été arrêtés et incarcérés pour délits d’opinion ». Ils élèvent encore d’un cran le niveau de condamnation du comportement des autorités chinoises et avec ce texte, ont souhaité porter une critique sans détour des agissements des autorités chinoises. Ainsi les députés européens exhortent la Chine « à réformer son droit Pénal pour faciliter la liberté d’expression des journalistes, écrivains, free-lances, reporters…». Pour eux, elle doit cesser de se servir des Jeux comme prétexte « pour arrêter et incarcérer illégalement des dissidents, des journalistes et des militants des droits de l’homme qui rendent compte des violations des droits de l’homme ou manifestent contre ces abus » et enfin de « fermer les centres de détention appelés « prisons noires » qui ont été créés pour mettre en détention les « fauteurs de troubles avant les Jeux Olympiques de 2008 ».

A un peu plus de sept mois du début des Jeux Olympiques, le Parlement européen est-il décidé a pointer du doigt les atteintes aux droits de l’homme perpétrées quotidiennement en Chine ? Un travail auquel peu de gouvernements se sont attaqués jusqu’à présent.

En complément : Le dissident Hi Jua discute avec le Parlement européen, article paru sur La Grande Epoque le 7.12.2007