Le Parlement : chouchou des Européens ?

Article publié le 2 juin 2009
Article publié le 2 juin 2009
Ils sont 52 % à faire confiance au Parlement européen. C’est trois points de moins qu’en 2007. Cette institution reste néanmoins celle que les citoyens connaissent le mieux et préfèrent.

En Lettonie, en Autriche et au Royaume-Uni, les citoyens n’accordent pas leur confiance si facilement. Rien de surprenant, donc, dans le fait que les partis conservateurs anglais et autrichiens souhaitent se séparer du Parti populaire européen afin de créer un nouveau groupe parlementaire… vraiment eurosceptique. 

En revanche, pour juger l’action des eurodéputés, les motifs avancés par les Européens interrogés sont carrément paradoxaux. Les confiants sont contentés car le PE « prend ses décisions de façon démocratique », tandis que les autres le mettent principalement en doute « parce qu’il est trop éloigné des citoyens ordinaires ».

Malgré tout, le Parlement européen est l’institution communautaire la plus appréciée des Européens, devant la Banque centrale européenne (50 % de confiance), la Commission européenne (47 %) et le Conseil de l’Europe (43 %). C'est par ailleurs l'institution la plus connue : 87 % des Européens en ont entendu parler tandis que seulement 78 % d’entre eux connaissent la Commission européenne, 73 % la Banque centrale européenne et 62 %, le Conseil de l’Europe.

Bientôt, la réforme électorale tant attendue

« L’Europe tente de se construire une démocratie à l’instar des démocraties nationales, mais avoir les mêmes armes », déplore le libéral Andrew Duff, rapporteur chargé d’élaborer une proposition de réforme électorale européenne. Le Parlement incarne la démocratie populaire et pour que l'électorat lui fasse plus confiance, il serait peut-être nécessaire que l’institution change sa façon de se mettre en rapport avec les citoyens.

Une des idées phare proposées par Andrew Duff est la généralisation du système de circonscriptions électorales régionales, afin que les candidats répondent plus directement aux électeurs sur le terrain. Mais pour le moment, ce projet se heurte à la volonté de l’Espagne, de l’Allemagne, de la Pologne et de la Roumanie, qui ont un système de circonscription nationale unique ce qui favorise les grands partis au pouvoir : les socialistes, les conservateurs et les libéraux.

Du côté des eurodéputés, on espère que le traité de Lisbonne soit approuvé par la Commission des affaires constitutionnelles pour ensuite pouvoir lancer la réforme électorale. Leur objectif déclaré : que les élections de 2014 soient radicalement nouvelles !