Le Nouvel An Chinois 2011: danse des lions et prospérité des commerces de l'Avenue de Choisy

Article publié le 7 février 2011
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Article publié le 7 février 2011
Mélodie Labro 07.02.11 Le Nouvel An Chinois se fête aussi et avec beaucoup de succès à Paris où les communautés asiatiques de l’Avenue de Choisy (dans le 13ème, côté Olympiades) ont préparé, samedi après-midi, le grand défilé du dimanche 7 février.
Lorsque l’on se promène, la veille d’une grande fête - et un peu au hasard- le long de cette avenue regorgeant de petits commerces, restaurants et boutiques en tous genres, on assiste parfois à un spectacle inattendu… Certains diront sans doute qu’il faut être un vrai novice en matière de rituels asiatiques pour ne pas connaître la danse du lion portant chance et prospérité aux commerçants du quartier. Samedi 6 février, nous étions donc des novices ravis et curieux…

photo_An_Chin1.JPG Une petite foule, le son lointain d’une musique et le bruit des pétards, signes de fête, attirent notre attention. Là, devant un restaurant de spécialités vietnamiennes, un groupe d’adolescents vêtus de t-shirts noirs et de pantalons larges rappelant les pattes des lions chinois, effectuent une danse très sportive. Sur le seuil de la porte d’entrée du restaurant, le propriétaire ne semble pas le moins du monde ennuyé. Bien au contraire. C’est lui, nous explique-t-on, qui a demandé à ces jeunes gens de venir danser devant sa porte pour que son commerce soit prospère en cette nouvelle année. Les danseurs, filles et garçons athlétiques, sont fiers de représenter leur club, le Paris Lion Sport, (PLS) et de parcourir l’avenue de Choisy pour y honorer

les « contrats » obtenus avec les commerçants, comme nous l’a expliqué l’un deux.

Les « clients » prennent une large part au spectacle. Ce sont eux qui accrochent les guirlandes de pétards dans les arbres…

photo_An_Chin2.JPG Ce sont eux encore qui agitent, sous le nez du lion, le bâton auquel est accrochée une salade. Celle-ci porte chance, promet argent et réussite pour ces commerçants qui nous ont dit répéter l’opération chaque année.

Agés de 16 à 26 ans, issus de toutes les communautés asiatiques, nés dans le 13ème ou en proche banlieue, ce samedi est pour les membres du PLS l’occasion de mêler fête traditionnelle et sport. Parmi eux, deux garçons ne sont pas d’origine asiatique. « Peu importe », nous dit l’un, « ce n’est pas une question d’origine. Moi j’ai commencé par le kung-fu. Et puis j’ai découvert la danse du lion. Mais pour l’instant, je ne danse pas, ça ce sera l’année prochaine. Il faut beaucoup s’entraîner avant. »

photo_An_Chin3.JPG La démonstration est en effet très sportive. Les « PLS » dansent chaque semaine au club, sous la houlette de leur très jeune professeur. Chacun doit pouvoir s’occuper de la musique, un grand tambour, installer le matériel nécessaire, une sorte de petite estrade pour les lions, et assurer le spectacle… ou plutôt les spectacles ! Engagés et rémunérés par plusieurs commerçants, les danseurs enchaînent les représentations toute la journée. Pas le temps de discuter. Lorsque nous demandons si nous pouvons prendre une photo de groupe, le jeune « chef », comme l’appellent la petite bande, nous répond que oui … mais qu’il va nous falloir courir avec eux afin arriver à l’heure devant le prochain magasin de la liste des contrats de l’après-midi.

photo_An_Chin4.JPG Et les jeunes gens ne se font pas prier. S’ils répondent à nos questions, c’est en courant car les clients n'apprécieraient pas d'attendre: en cette veille de fête, eux aussi ont un commerce à faire tourner ! On enfile vite les costumes. Pour chaque parure, il faut deux danseurs.

Voilà des adolescents très consciencieux et très professionnels. Le spectacle ne varie pas, ou presque, tout est très préparé mais l’ambiance reste bon enfant et les danseurs enchantés. Fatigués, mais satisfaits. Et, lorsque débarquent, sans prévenir, les lions d'une autre association, c'est pour provoquer, gentiment, les jeunes du PLS. Une sorte de petite démonstration de force s'engage alors, amusant les danseurs comme les spectateurs. Du moment que le contrat est honoré, tout va bien !