Le mot du jour : Superwahljahr

Article publié le 27 mai 2009
Publié par la communauté
Article publié le 27 mai 2009
__Le blog Electorallemand suit pour le magazine français L'Express la campagne européenne en Allemagne. En coopération avec Café Babel dans le cadre du projet EU Debate 09, le blog de Café Babel Berlin reprendra certains articles d'Electorallemand.
Aujourd'hui : "Le mot du jour : Superwahljahr"__

Pour bien comprendre le contexte des élections européennes en Allemagne, il est indispensable de se soumettre à quelques petits exercices linguistiques. Ainsi, le terme « Superwahljahr » est un des termes qui revient le plus souvent pour parler des élections européennes outre-Rhin. Mais qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?

Ceux qui ont suivi quelques cours d’allemand le savent bien : pour construire un mot dans la langue de Goethe, ce n’est pas compliqué, il suffit de prendre plusieurs mots et de les mettre ensemble dans un ordre à peu près correct. Prenons un exemple connu « Armbanduhr ». Littéralement, l’heure qu’on met en bracelet autour du bras. Ou plus simplement : une montre. Tentons l’expérience avec le mot du jour : « Superwahljahr ». Super comme super, jusque-là tout va bien, Wahl comme le choix, le vote, Jahr comme l’année. Maintenant, il faut les mettre dans l’ordre : Le vote de la super année ? Pas loin. Non, il s’agit en fait de la super année électorale.

Pour illustrer cet exercice de grammaire, rien de tel qu’une petite équation de maths : Soit en 1 année, 5 élections régionales, 8 élections communales, 1 élection présidentielle (qu’on comptera ½ car vote indirect), 1 élection parlementaire et 1 élection européenne. Quel sera, en pourcentage évidemment, le taux de participation au vote du 7 juin ?

C’est cette équation très sérieuse que la classe politique allemande tente de résoudre dans cette campagne européenne qui démarre à peine. Comment motiver les électeurs alors que tous ont les yeux rivés sur les législatives ? Celles-ci se dérouleront en septembre et déjà, les deux grands partis qui composent l’actuelle grande coalition, les chrétiens-démocrates (CDU/CSU) et les socio-démocrates (SPD), profitent de toutes les occasions pour se taper dessus. Si les troupes de la chancelière Angela Merkel devancent pour l’instant celles de son vice-chancelier et ministre des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, le jeu des coalitions laisse beaucoup de perspectives ouvertes.

Et l’Europe dans tout ça ? L’Allemagne ne devrait théoriquement pas manquer d’arguments pour motiver ses électeurs. Après tout, c’est elle qui envoie le plus de députés au Parlement (99). C’est elle qui compte dans ses rangs le président du Parlement Hans-Gert Pöttering, présent depuis 1979 et qui est tête de liste de la liste CDU. C’est elle, enfin, qui possède le président du groupe du parti socialiste européen, Martin Schulz qui lui, dirigera la bataille pour le SPD. A eux de trouver la solution aux équations de maths et aux exercices de grammaire.

Sébastien Vannier

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