Le monde secret des lobbyistes

Article publié le 18 mars 2011
Article publié le 18 mars 2011
Par Alice Préat « Lobby » est un mot qui souffre d’une mauvaise connotation. On imagine drague et pot de vin. Pourtant, c’est une pratique largement acceptée dans le monde de la politique occidentale. La plupart des législateurs estiment que les intérêts publics et privés doivent jouer leur rôle dans la création des lois. Seulement, pas toutes les pratiques ne sont légitimes et acceptables.
C’est ce que veulent démontrer tous les ans les organisateurs de l’événement (le prix du pire lobby).

Entre le rond point Schuman et la place du Luxembourg, plus de 15 000 personnes se lèvent tous les jours pour essayer d’intégrer leur point de vue, leur avis ou leur intérêt dans la législation européenne. Le nombre de lobbyistes est en augmentation constante à Bruxelles, mais ils restent cachés derrière un rideau opaque, malgré les efforts des Lobby cleaners.Worst Lobby Award

A Bruxelles, les lobbies du monde du "business" représentent 70% du total des lobbyistes. , de l’organisation qui participe à l’action, explique que l’initiative n’était pas contre les lobbies, mais contre les mauvaises pratiques.. En 2010, le gagnant dans la catégorie climat a été . Alors qu’ils font de grandes campagnes publicitaires pour démontrer à quel point ils sont ''verts'', leurs lobbyistes travaillent dur pour garder ouvertes leurs centrales à charbons et installations pétrolifères. Dans la catégorie financière, c'est qui l'a remporté : pour protéger leurs produits dérivés, surnommés armes financières de destruction massive, ils ont joué toutes leurs cartes et lancé une grande campagne de lobbying, alors que ce sont ces mêmes produits qui ont joué un rôle clé dans la crise financière de 2008.

Paul De ClerckFriends of the Earth« Je suis aussi un lobbyiste, finalement. Mais certaines pratiques ne sont pas acceptables. Certains lobbies vont utiliser comme argument le fait que les États-Unis n’ont pas un projet de loi quelconque pour justifier que l’Europe ne doit donc pas le faire non plus. Ils vont ensuite dire exactement l’inverse aux États-Unis ! »RWE npowerGoldman Sachs

Depuis quelques années, et plus particulièrement depuis la ratification du Traité de Lisbonne, les eurodéputés sont de plus en plus la cible des lobbyistes, puisque le Parlement a gagné en pouvoir. Des projets pour faire un registre obligatoire commun ont déjà été lancés, mais aucun ne semble aboutir. Un annuaire des lobbistes accrédités aux Parlement européens est disponible sur le site de l'institution, mais la liste n'est pas la même que celle de la Commission. S'enregistrer en tant que lobbiste n’étant pas obligatoire, les registres restent incomplets ou incorrects.

Un registre à trous

Le lobbysme à Bruxelles reste donc opaque et déséquilibré. Pour la situation n'est pas comparable à celle des Etats membres: Au niveau de l’UE, seulement 10% des lobbyistes représentent la société civile et les ONG. Un déséquilibre unique ? précise ,

Paul De Clerck « Les gouvernements nationaux sont beaucoup plus accessibles pour les organisations de la société civile et les grosses industries se limitent souvent à l’Union européenne.»« On peut comparer la situation des lobbies dans l’Union européenne à celle des États-Unis »Paul De Clerck« Toujours est-il qu’un des plus grands lobbies de Bruxelles, la Fédération européenne de l’Industrie Chimique, compte plus de lobbyistes que toutes les organisations environnementales rassemblées...»

Video of Lobby Cleaner to Business Europe