Le féminisme, ce n’est pas que l’égalité !

Article publié le 6 décembre 2012
Article publié le 6 décembre 2012
Par Miléna Cazin « On a pas besoin d’être féministe dans ma génération ». C’est ce qu’a récemment déclaré l’ancienne Première Dame française Carla Bruni. Ces propos ont provoqué de nombreuses réactions de la part des mouvements féministes, elle a fini par devoir les rectifier et a révélé : « Je n’ai personnellement jamais ressenti le besoin d’être activiste féministe ».
Cette petite polémique nous rappelle que le féminisme existe toujours, bien qu’il prenne parfois de nouvelles formes.

Les 29 et 30 novembre eut lieu à Bruxelles le second sommet européen sur le genre (European Gender Summit), un évènement affirmant la contribution des femmes à l’excellence dans la recherche scientifique. Les problématiques de genres pourraient être la nouvelle appellation du féminisme d’aujourd’hui. En effet, il semble que les femmes d’aujourd’hui se battent toujours pour l’égalité, mais pas seulement. Elles peuvent aussi revendiquer leur différence de genre ; autrement dit, elles veulent l’égalité ainsi que la reconnaissance de leur différence par rapport aux hommes. Ce sommet européen sur le genre a rassemblé scientifiques et politiques dans le but de réfléchir sur ces questions de genres dans ces domaines, deux aspects qui étaient bien présents.

Plus de femmes à bord

La Commission européenne a récemment initié une proposition de directive visant à augmenter le nombre de femmes parmi les dirigeants non-exécutifs des grandes entreprises européennes. Il y a en effet un manque frappant de représentativité parmi nos dirigeants et il en est de même dans la recherche en science dure qui est principalement considéré comme étant une « affaire d’hommes ». Les professeurs Veerle Draulans et Tine Baelmans, de l’Université de Louvain nous rappellent ainsi que les femmes sont souvent sous-représentées en étude d’ingénieur ou autres sciences techniques, mais sur-représentées dans les sciences sociales. D’autre part, dans beaucoup d’Universités il y a plus de femmes que d’hommes. N’est-il alors pas stupide d’éduquer certaines personnes, les rendre compétentes pour ne finalement pas utiliser leurs talents, comme c’est le cas des femmes ?

Le genre comme source d’innovation et d’excellence

L’autre aspect intéressant de ce sommet sur le genre fut la réflexion autour de l’apport de la dimension de genre  dans la recherche scientifique. La médecine est ici peut-être l’exemple le plus révélateur. En effet, comme souligné par la professeure suédoise Marie Vahter, la différence entre les genres existe. Les hommes et les femmes ne réagissent pas toujours de la même manière aux mêmes évènements. Par exemple, son institut de médecine environnementale a trouvé qu’une exposition à l’arsenic au Bangladesh avait eu plus d’effets sur la peau des hommes que sur celle des femmes. Il est important d’étudier ces différences de genre afin que nous puissions comprendre certaines causes médicales. Au-delà de la sphère médicale, un consensus semble s’être dégagé de ce sommet pour l’intégration d’une perspective de genre. Les participants semblaient tous d’accord pour affirmer qu’une approche féminine renforce n’importe quel business ou champs de recherche. Elle apporte innovation et excellence. Ces deux mots ont d’ailleurs dominé tout le sommet.

Les problématiques de genre sont donc plus que jamais d’actualité. Comme le professeur norvégien Curt Rice l’a déclaré, obtenir l’égalité des genres est ce qui est « juste à faire » (« the right thing to do ») et mener une recherche ou un business avec une perspective féminine est ce qui est « intelligent à faire » (« the smart thing to do »).