Le désarmement: une affaire de femmes?

Article publié le 1 août 2016
Article publié le 1 août 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Saviez-vous qu'il y a à l'heure actuelle 15 000 armes nucléaires dans le monde? Non? Vous n'êtes pas seuls, puisque le discours concernant le désarmement est encore marginal. Mais cela va bientôt changer. Les 5 et 6 juillet s'est tenu le "Women Higher Education for Peace Vienna Forum" à Vienne.

Le Bureau des affaires du désarmement des Nations Unies (United Nations Office for Disarmament Affairs) a organisé sept conférences réparties sur deux jours pour traiter de thèmes divers autour du sujet du désarmement et de l'égalité des sexes

Le messsage était clair: l'engagement des femmes dans ce domaine est non seulement important, mais aussi bénéfique. Il y aurait un "knowledge gap" (déficit de connaissance) autour du sujet du désarmement, et l'objectif annoncé du forum était d'y remédier. Cette initiative anticipe du reste une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies (UNSCR 1325), résolution qui définit l'engagement des femmes dans les processus décisionnels concernant la paix et la sécurité dans le monde comme un facteur essentiel (critical).  Des fonds ont été attribués afin de rendre possible la participation des femmes des pays du Sud, et 30 militantes hautement qualifiées, choisies parmi plus de cent candidates, ont été conviées à participer aux discussions.   

L'auditoire ainsi que les représentants d'organisations étaient largement féminins. Il me semble que la conversation a rarement touché à des points concrets au cours du forum. Les présentations sont restées superficielles, et les organisations concernées n'ont pas encore pris de mesures pour inclure plus de femmes. Ainsi, la commission préparatoire du CTBTO (Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty Organisation, "traité sur l'interdiction totale des essais nucléaires") n'a aucun quota en ce qui concerne le recrutement de femmes.  

Des quotas offrent-ils cependant une véritable solution? Nadja Schmidt, la directrice de l'ONG autrichienne ICAN (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons, "campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires"), a pointé du doigt le principal défi: "Au poste que j'occupe, il serait nécessaire de parler de politique nucléaire, mais en tant que femme, on m'invite surtout à participer à des conférences autour des thèmes de la sensibilisation et du désarmement." Elle souligne ainsi combien les préjugés sont ancrés dans les esprits. Maria Collinson, l'ambassadrice des Philippines, a lancé un appel pour donner, avant tout, plus de pouvoir économique: "Et le reste suivra."

Intéressé(e)? Retrouvez plus d'informations sur le forum et le thème du désarmement sur  https://www.dnpeducation.org/.