Le covoiturage, pas cher et sans frontières

Article publié le 21 juillet 2009
Article publié le 21 juillet 2009

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Economique, écolo et fraternel : le covoiturage est à la mode en Europe. Pour des courts ou des longs trajets, le système se développe sur la toile avant de partir en roue libre sur les chemins de Schengen.

Comme l’Europe semble grande et belle depuis que sont tombées les frontières entre les Etats qui la composent ! Nait alors l’envie de l’explorer librement sans que le budget loisirs porte durablement la trace de séquelles quasi- irréversibles. Si l’on ne peut même pas s’offrir un voyage estival en Europe, du cap Nord en Norvège à Chypre, faute de moyens, l’Espace Schengen ne vaut plus grand-chose ! Comment remédier à une telle carence quand ce constat s’impose à l’unanimité : pour voyager, il faut des sous ! Or, quand les euros viennent à manquer, il est bien difficile de prétendre s’aventurer très loin. 

Ce problème touche la plupart des jeunes Européens désireux de flâner sous d’autres latitudes. Mais les étudiants ne sont pas les seuls à manquer de moyens pour partir en vacances. Les jeunes actifs aimeraient aussi se faire plaisir sans être contraints de survivre à une longue période de vache-maigre en rentrant de voyage ! Voilà pourquoi dans un souci de parcimonie justifiée, le covoiturage représente la solution la plus adaptée à tout désir d’évasion bien légitime.

(seven resist/flickr)

Annonces gratuites

Bien entendu, la « voiture partagée », plus connue sous l’appellation de « car-sharing » en anglais, est loin d’être une idée nouvelle. Cela fait déjà plusieurs années que la Centrale allemande de covoiturage propose ses services aux usagers souhaitant se rendre d’un point à un autre du continent européen. Sans parler de l’ICS (Entreprise de Car-sharing en Italie) ou de la FEDUCO en France (Fédération française de covoiturage) dont les banques de données, bien que plus récentes, annoncent des débuts tout aussi prometteurs. 

A l’heure actuelle, il est difficile de dénombrer les différents sites « sauvages » de covoiturage présents sur la toile, en parallèle des sites plus commerciaux (avec droits d’admission et règlementations). A Paris par exemple, il en existe plus de 80 grâce auxquels on peut accéder à des petites annonces gratuites, affichant des propositions très économiques. Parmi les plus connus et les plus utilisés en Europe, nous pouvons citer : www.mit fahrgelegenheit.de pour l’Allemagne, www.trasportamioci.it pour l’Italie, www.covoiturage.fr pour la France et www.autopolujidza.cz pour la Tchéquie. Ces principaux points d’échanges qui jouent aussi un rôle moteur dans l’accélération de ce phénomène de société permettant aux internautes d’Europe tout un choix de liaisons plus ou moins longues à l’échelle de l’Union. 

Vacances biocompatibles

Animée par une volonté écologique évidente, la philosophie transparente de ces sites tient presque du manifeste. Hormis l’abaissement des coûts de transports que cela entraîne, aussi bien pour le conducteur que pour les passagers, un grand nombre d’utilisateurs jugent dans la foulée nécessaire et souhaitable de réduire le nombre de véhicules en circulation sur les routes et autoroutes d’Europe face à la dégradation de l’environnement. Il n’est donc pas excessif de parler de la naissance d’un comportement social « biocompatible ».

«Je n’aurais jamais cru qu’un voyage en voiture puisse être aussi intéressant »

Ainsi, dans un souci d’éthique et de curiosité, après avoir laissé de côté le train par mesure d’économie, on peut désormais avoir le réflexe de prendre à son bord une ou plusieurs personnes comme autant de co-équipiers. En fonction du nombre de passagers, le coût d’un aller Paris - Prague en covoiturage s’échelonne entre 40 et 60 euros. A titre de comparaison, selon les tarifs affichés par la SNCF et la DB, le Paris-Frankfurt en train avec réservation (qui, soit dit au passage, ne représente que la moitié du trajet entre la France et la Tchéquie), s’élève à 106 euros. Et même si l’on pourra toujours objecter qu’il reste les compagnies aériennes low-cost, le coût des trajets d’aéroport à aéroport n’est pas à négliger. Avec le covoiturage, le problème ne se pose pas puisqu’on vient, pour ainsi dire, vous cueillir à votre porte. On ne peut que s’en réjouir et tout budget n’en ressortira que renforcé. 

Des amis de route

Prendre contact avec de sympathiques comparses prêts à partager votre voyage et votre véhicule devient soudain possible en toute simplicité. Que ce soit par l’intermédiaire de centrales de covoiturage ou de sites sur la toile, l’expérience est aujourd’hui on ne peut plus simple à réaliser. Anna a eu l’opportunité de traverser une partie de l’Europe en compagnie de deux Allemands, d’un Tchèque et d’une Marocaine. Au début, cette jeune étudiante américaine venue passer un an à Paris dans le cadre d’un échange interuniversitaire se montrait un peu sceptique. Quand ses amis d’Outre-Rhin lui ont fait part de leur projet consistant à joindre sur la carte Berlin et Balkans, en recourant aux bons offices d’un site de covoiturage, elle n’a pas pu s’empêcher de lever les yeux au ciel. 

Aujourd’hui familiarisée avec cette pratique, elle voit d’un autre œil ce mode de déplacement. « Au début, j’ai trouvé l’idée un peu saugrenue, mais finalement, j’ai accepté de tenter une expérience que je n’avais encore jamais faite. J’ignore même si, chez moi, il existe quelque chose du même genre. Au début, j’étais très réticente de devoir partager toutes sortes de choses en commun avec d’autres personnes, à commencer par un conducteur. » Et voilà comment tout le monde a su tirer profit de cette petite « eurodyssée » collective. Anna en se mettant à apprendre quelques mots d’allemand et de tchèque, et sa voisine en racontant son Maroc. « Ca a été vraiment super, s’enthousiasme encore Anna. Je n’aurais jamais cru qu’un voyage en voiture puisse être aussi intéressant. »

Anna est retournée chez elle en Amérique. Mais elle a la ferme intention de revenir en Europe. « Ici, tout parait si accessible. Les villes et les lieux semblent si proches les uns des autres et on peut vraiment circuler bon marché. Vous, les Européens, j’avoue que je vous envie un peu… »