Le couple franco-allemand divisé sur le nucléaire

Article publié le 30 mars 2011
Article publié le 30 mars 2011
Par Edgar Makanga L’énergie nucléaire agit comme une boîte de Pandore. Il suffit qu’il y ait un incident ou une catastrophe pour qu’elle soit remise en cause. Ainsi, depuis qu’un séisme et qu’un tsunami ont touché la centrale de Fukushima au Japon, le 11 mars dernier, le monde entier retient son souffle. Parallèlement, le débat sur la sortie ou non du nucléaire est à nouveau sur la table.
Et le couple franco-allemand n’a pas du tout la même vision du dossier.

Quelque 17 % de la production mondiale d’électricité est issue de l’énergie atomique. Au sein de l’Union européenne, cette proportion s’élève à 35 %, c’est dire si les chancelleries européennes suivent avec la plus grande attention les nippons. En parlant de chancellerie, c’est d’ailleurs l’Allemagne qui a pris les devants, quatre jours seulement après le séisme, en revenant sur sa décision de prolonger les centrales.

Une mesure qui a entraîné la fermeture « provisoire » des réacteurs de plus de 30 ans (Ils sont au nombre de 7, sur 17 au total). Et sous la pression de la rue, Angela Merkel, pourtant fervente partisane du nucléaire, a changé son fusil d’épaule. Elle se prononce désormais clairement en faveur de la sortie du nucléaire, ce qui n’a pas fait plaisir aux géants de l’énergie teutonne que sont EON, RWE, EnBW et Vattenfall.

Si l’Allemagne a donc choisi de reconsidérer sa stratégie dans l’atome civil, son partenaire français est loin de franchir ce pas. Au contraire, Nicolas Sarkozy défend coûte que coûte l’énergie nucléaire. Le président justifie la « pertinence » de ce choix, alors que l’opposition socialiste demande un débat national sur une thématique sensible chez nos voisins français.

Il faut dire qu’avec ses 58 réacteurs répartis sur 19 centrales, le nucléaire représente près 80 % de l’énergie de l’Hexagone. Cependant, suite à la catastrophe de Fukushima, l’Union Européenne souhaite organiser des tests de résistances de ses 143 réacteurs. Ainsi, en marge du dernier Conseil européen, Paris s’est engagé, comme Berlin et Madrid, à fermer ses centrales défaillantes.

Toutefois, outre-Quiévrain, on est loin d’être prêt à se mettre au diapason de l’Allemagne sur ce dossier. Imaginons un seul instant que M. Sarkozy ferme les centrales de plus de trente ans, comme le souhaite Mme. Merkel … La France devrait alors fermer 34 de ses 58 réacteurs !