Le Conseil Européen nous (entre)ouvre ses portes

Article publié le 27 juin 2013
Article publié le 27 juin 2013

En direct du sommet

Défilé de chefs d’Etats, drapeaux qui flottent au vent, déclarations (plus ou moins) tonitruantes, c’est l’heure du Conseil Européen. Pendant deux jours des journalistes, vont informer les citoyens européens sur les décisions qui ressortiront du sommet. Des décisions qui les toucheront au quotidien.  

C’est le moment de se distinguer, d’obtenir la phrase, l’image qui fera parler du Conseil européen (et de vous si possible). Mais voilà, lorsqu’on entre dans le Conseil, la première chose qui frappe c’est le nombre de journalistes, de caméras, de micro, d’ordinateurs, et les grands écrans qui diffusent les vidéos officielles des arrivées et réunions successives. Bienvenu dans le bâtiment Justus Lipsius, et son fourmillement journalistique.

L’accréditation et la grève

Le Conseil Européen est bien structuré, entre le protocole et les demandes de sécurité. Après tout ce sont les chefs d’Etat et de gouvernement européens qui se réunissent. La première étape pour le journaliste est donc l’accréditation. Et aujourd’hui, on se retrouve face à la grève des fonctionnaires du Conseil de l’Union européenne. Depuis plusieurs jours, ils remettent en question un accord de réduction budgétaire et de réduction des effectifs. Accord voté sans réelle consultation selon eux. Il constituerait une remise en cause direct de leur traitement et leur fonction. Résultat, de nombreux journalistes (non accrédités de manière permanente) devront attendre l’impression de leurs badges. Durée de l’attente? « De dix minutes à dix heures », selon un des agents chargé des accréditations. Une fois à l’intérieur du Conseil tout cela est bien loin. Les grèves sont devenues répétitives en Europe, celle-ci ne fera donc pas la une des médias.

Le Conseil de l’intérieur

En pratique comment ça se passe ? En premier c’est l’arrivée, le grand moment des médias audiovisuels. En espérant que les dirigeants voudront bien s’arrêter à leur sortie de voiture et faire une déclaration. De préférence marquante. Puis, ils se réunissent à huis clos. Moment pour les journalistes de commencer leurs articles où leurs face caméra et interviews. Le président du parlement, Martin Schultz, présente ensuite les résultats des premières discussions, en conférence de presse. A suivre en direct dans la salle ou le site du Conseil. Avertissement pour les non membre de la bulle bruxelloise, on se retrouve ici face à toute la complexité de l’Union européenne et de ses programmes.

Et ainsi de suite, pécher des informations à droite à gauche pour essayer de boucler un article avant la fin du sommet. Dernière étape pour les journalistes : les réunions de vendredi. Et là il faut faire un choix : briefings nationaux ou conférence de presse conjointe entre José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy. Ce sont les seules déclarations officielles que nous aurons, malgré les heures de réunions entre les dirigeants européens. Dans ces conditions, difficile donc pour la horde de journaliste de présenter une information diversifiée et inédite. Difficile aussi de rendre l’Europe attrayante pour ses citoyens. Mais l’important n’est-ce pas d’y croire ?