Le Conseil de l’Europe se penche sur la difficile réconciliation politique en ex-Yougoslavie

Article publié le 10 janvier 2011
Article publié le 10 janvier 2011
par Christa Ludwig Au cours de sa session de janvier 2011, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe se penchera sur le bilan de la réconciliation politique en ex-Yougoslavie : une analyse rétrospective sur fond de révélations scandaleuses qui démontrent que le processus de réconciliation est loin d’être achevé… La session d’hiver de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe se
tiendra du 24 au 28 janvier 2011 et sera marquée par deux temps forts : la discussion du rapport de M. Marty (Suisse, ADLE) concernant la disparition de prisonniers serbes au Kosovo (dont certains auraient été tués pour alimenter un trafic d’organes initié par l’UCK, l’Armée de Libération du Kosovo), et le débat autour de l’enquête de M. Gardetto (Monégasque, PPE) sur les menaces dont les témoins des crimes de guerre perpétrés en ex-Yougoslavie sont victimes.

La publication du rapport de M. Marty a fait grand bruit et a incité le Conseil de l’Europe à demander un certain nombre d’enquêtes internationales et nationales sur le trafic d’organes, la collusion et la corruption auxquels se seraient adonnés des groupes liés au crime organisé et des dirigeants kosovars. Le rapport de M. Gardetto, quant à lui, déplore le peu de moyens déployé pour protéger les témoins des crimes de guerre perpétrés en ex-Yougoslavie, et préconise notamment le recours à des vidéoconférences et à des dépositions anonymes (pour éviter que les témoins ne puissent faire l’objet de pressions de la part des anciens tortionnaires). Le rapport pose également la question –complexe- des sanctions à l’encontre des anciens administrateurs en place au moment où les massacres ont été commis. ‹ Le point commun entre ces deux rapports est leur ton alarmiste : en ce sens, ils contribuent à une prise de conscience concernant le caractère inachevé de la réconciliation politique en ex-Yougoslavie. Ils militent à ce titre en faveur de plus de coopération entre les Etats membres du Conseil de l’Europe : ces derniers doivent s’efforcer d’accompagner cette difficile réconciliation, à travers la promotion des droits de l’Homme et la mise en lumière d’un passé souvent trouble.

Ces brèves sont réalisées en partenariat avec la rédaction étudiante du Master Politiques Européennes de l’IEP de Strasbourg