Le cinéma court toujours

Article publié le 14 mars 2009
Article publié le 14 mars 2009
DSC_0206.JPGChaque hiver, les professionnels du septième art se donnent rendez vous à Clermont-Ferrand pour le Festival international du Court-métrage. Si l’événement « court » en Auvergne permet à un public d’inconditionnels de visionner la fine fleur de la production, le genre peine à générer une économie suffisante et un véritable réseau de distribution.

Huit jours durant, une étrange effervescence vient animer la capitale auvergnate : depuis trente ans, le Festival international de Clermont-Ferrand est une des références mondiales du court-métrage. Dans quatorze salles, 480 heures de projection ont permis à 135 000 personnes d’apprécier 31 sélections de films en compétition auquel il faut ajouter de nombreuses séances rétrospectives, musicales ou scolaires. Si le festival auvergnat est le deuxième du pays après Cannes, il n’a rien des paillettes, tapis rouges et V.I.P. de sa grande sœur méditerranéenne. Au contraire, l’ambiance « à la bonnCourt_M_trage_20092.jpge franquette » rend les rencontres avec les professionnels très accessibles et le festival très populaire auprès des clermontois. « C’est la grande différence d’avec Cannes, explique le rédacteur en chef de Court-Circuit sur Arte, ici les auvergnats peuvent aller voir des séances et profiter directement de « leur » festival ».

Sauver la culture : c’est pas du cinéma

Bémol à cette 31e édition : les accusations portées à l’encontre du statut des 240 bénévoles du festival par l’Ursaf qui voudrait en faire des salariés, une mesure qui remet en cause l’existence du festival, et menace toutes les associations dont le fonctionnement s’appuie sur le bénévolat. Parallèlement, l’association Sauve qui peut le court métrage a profité de cette médiatisation pour s’engager auprès d’une culture en péril, en soutenant Le Rio, cinéma d’art et d’essai menacé depuis que le Comité d’entreprise de Michelin a retiré ses subventions. Par ailleurs, dans ce contexte de grèves étudiantes et de blocage des facultés, les organisateurs ont offert aux représentants étudiants la possibilité d’expliquer tous les soirs les raisons de leur mécontentement contre la loi d’autonomie (dite « de privatisation ») des universités. Une initiative largement saluée par un public « occupant » lui aussi les bancs des amphithéâtres pour assister aux séances.

DSC_0660.JPG Le président du festival laisse la parole à une représentante du mouvement étudiant.

Fenêtre sur (le) court

Fais-moi un court et je te dirai d’où tu viens. Europe à l’honneur cette année avec une rétrospective « Pays Bas » pour redécouvrir les charmes délirants des œuvres bataves comme Feest ! (1963) de Paul Verhoeven qui porte en germe le style rapide et efficace que l’on retrouvera dans Total Recall ou Basic Instinct quelques années plus tard.

Dans les bois suédois de Kiruna, la maison de production Cute Porn a tourné L’obscurité des bois (The blindness of the wood), premier court pornographique ou les protagonistes (un bûcheron, un chaperon et un ours) sont des marionnettes en chiffon !

Lauréat du grand prix de la compétition Labo, le film italien ''Muto'' du collectif Blu, déjà diffusé sur Internet est une animation ambigüe et surréaliste peinte sur des murs publics à Baden et à Buenos Aires.

On retrouve le Royaume-Uni comme on l’aime : avec des teenagers en uniforme qui découvrent en 1978 les émois de l’amour en écoutant les Buzzcocks (''Love you more'' de Sam Taylor-Wood).

Et chaunvinisme oblige, on ne résiste pas à l'idée de vous remontrer cet irrésistible court métrage parisien : ''J'attendrai le suivant''...