Le chiffre qui parle : les réfugiés rescapés

Article publié le 6 septembre 2016
Article publié le 6 septembre 2016

Des réfugiés ont fui les conflits tout autour du globe et se sont dirigés vers l’Europe en nombre toujours plus grand cette année. Trop souvent, le voyage est traître et se termine de façon tragique. Mais parfois, la résolution se fait, d’une certaine manière, plus heureuse…

L’an dernier, au milieu de la pire crise migratoire de cette génération, le corps d’un garçon de trois ans échouait sur le rivage de la ville côtière Turque de Bodrum. Il s’appelait Alan Kurdi, et les images de son corps sans vie choquèrent l’Europe. Des dirigeants promirent d’ouvrir leurs frontières à davantage de réfugiés, et beaucoup de médias adoucirent leur ton après plusieurs mois de couverture déshumanisante.

Bien sûr, Alan ne fut que l’une des victimes de cette crise. D’après l’International Organisation for Migration (IOM – Organisation Internationale pour les Migrations), l’année dernière 3 371 personnes sont mortes en essayant de fuir des pays comme l’Irak, la Syrie et l’Érythrée. Et les chiffres ne font qu’augmenter – entre janvier et août de cette année, 264 513 personnes sont arrivées en Europe par la mer. 3 165 n’ont pas survécu au voyage.

Lundi, sur une durée de trente heures, Médecins Sans Frontière et l’organisation espagnole Proactiva Open Arms ont secouru environ 6 500 réfugiés en mer Méditerranée, qui avaient tenté de naviguer depuis la côté Libyenne dans des canots pneumatiques et des embarcations de pêche en bois.

Parmi les rescapés se trouvaient 82 femmes, et 13 enfants de moins de cinq ans – deux d’entre eux étaient des jumeaux de 5 jours, nés prématurément pendant le voyage vers l’Europe. Ils ont été évacués avec leur mère pour recevoir une attention médicale particulière.

Nous n’avons aucune idée de ce qu’il adviendra de ces réfugiés par la suite. Nous ne savons pas où ils iront une fois le continent atteint, ou même s’ils atteindront finalement leur destination finale. Cela ne change pas non plus le fait que beaucoup d’autres personnes s’infligeront le même voyage hasardeux à l’avenir. Mais 6 500 personnes ont survécu, et ont désormais une chance d’essayer d’avoir une vie meilleure. Cela ne peut être qu’une bonne chose.