Le chiffre qui parle : les Panama Papers et Wikipedia

Article publié le 8 avril 2016
Article publié le 8 avril 2016

Plus de 11 millions de documents confidentiels concernant une période qui court des années 70 à aujourd'hui. Des mois et des mois d’enquête journalistique, menée par des centaines de journalistes dans plus d'une centaine de rédactions. Et il n’aura fallu que 9 minutes à Wikipedia pour  créer l’article sur les Panama Papers.

Le 3 avril  2016 à 17 h 50, le quotidien anglais, The Guardian publie la nouvelle : « Panama Papers, how world’s rich and famous hide their money offshore » (Comment les gens riches et célèbres de notre monde cachent leur argent à l'étranger, ndlr). À peine 9 minutes plus tard, le travail de plusieurs mois d’enquête était résumé dans un autre contenu. Il ne s'agit pas d'un papier écrit par une rédaction de journalistes pros mais d'un article rédigé par l'équipe de rédacteurs virtuels et bénévoles de la version anglaise de Wikipedia.

Après sa première publication en ligne, l’article a été modifié près de 724 fois par 223 personnes différentes. C'est une modification toutes les 2 minutes et demie. Il s'agit d'un travail participatif de coordination, de discussion et de recherche des sources qui va de pair avec le travail des grands médias. Sans oublier ceux qui ont traduit l’article en plusieurs langues.

Le scandale des Panama Papers a été révélé grâce au précieux travail de l'ICIJ (le consortium international du journalisme d’investigation basé à Washington, ndlr). Dans le nom, il fait écho à un illustre précédent : le 13 juin 1971 près de 7 000 pages de documents confidentiels sur le Vietnam, recueillis par la Défense américaine, ont été photocopiés puis publiés dans le New York Times. C’était l’année des Pentagon Papers

Des photocopieuses à Internet, le saut est spectaculaire. Nous ne saurons jamais si les 9 minutes de Wikipedia constitueront un record. En revanche, une chose est sûre : dans quelques temps, ceux qui voudront s’informer sur le « leak du siècle » auront - statistiquement parlant - plus de probabilité de se retrouver sur la page de Wikipedia que sur un article du Guardian.