Le chiffre qui parle : le terrorisme et les loups solitaires

Article publié le 25 mars 2016
Article publié le 25 mars 2016

À chaque attentat terroriste, nos regards d'Occidentaux se tournent automatiquement vers Daech ou les autres organisations terroristes islamiques. Pourtant, 70% des attaques seraient perpétrées par des individus isolés qui ne se réclament pas de groupes organisés. De quoi crier au loup solitaire.

En 2015, l'Institute for Economics and Peace (IEP) - un groupe de réflexion international indépendant - a mis au point la troisième édition de son Indice Global Terrorism. Le rapport comprend l'analyse de 140 000 actes de terrorisme, perpétrés entre 2000 et 2014. Certains résultats ne sont pas très surprenants. Comme le fait que l'activité terroriste a bondi de 80% ces dernières années. L'analyse porte quasi-exclusivement sur des pays occidentaux et fait surtout beaucoup réfléchir sur la connotation populaire des actes de terrorisme ainsi que sur notre manière de les appréhender.

Contrairement aux apparences, le fondamentalisme islamique n'est pas la première « cause » qui explique les attentats de la dernière décennie commis sur le sol occidental. Ils sont très souvent exécutés par ce que des « loups solitaires ». 70% des attaques sur les pays occidentaux portent en effet la marque d'individus seuls. 80% d'entre eux seraient plutôt proches d'une idéologie d'extrême droite, nationaliste ou anti-establishement. Le rapport note également que ces « loups solitaires » sont beaucoup plus difficile à repérer par les services spéciaux que les groupes terroristes identifiés.

Aujourd'hui, le terrorisme est devenu l'un des principales causes des déplacements en masse des populations. Les pays qui comptent le plus d'émigrés dans le monde sont aussi les pays dans lesquels le plus d'attaques terroristes sont commises. Selon l'IEP, ces États sont l'Irak, le Nigéria, l'Afghanistan, le Pakistan et la Syrie - qui comporte à elles-seules 78% de l'ensemble des victimes du terrorisme.