Le chiffre qui parle : le monde des « 20% » 

Article publié le 12 janvier 2016
Article publié le 12 janvier 2016

Si la majorité absolue des voix est la « règle d’or » de la démocratie, un autre pourcentage risque de faire pencher la balance en 2016 : le fameux « monde des 20% ». Tous ces évènements improbables et ces politiques en minorités, qui ont « seulement » qu’une chance sur cinq de l’emporter, pourraient disposer de quelques atouts supplémentaires.

En démocratie, le seuil fatidique de 50% décide de celui qui recueille la majorité des voix et peut donc accéder au pouvoir. Mais un autre pourcentage tout aussi important semble tirer son épingle du jeu, le seuil « psychologique ».

Dans la série d’évènements et de personnages qui pourraient se distinguer en 2016, on trouve un peu de tout : des courants de pensée mainstream aux outsiders. En réfléchissant aux forces et aux idées minoritaires, John Micklethwait, rédacteur en chef de Bloomberg News, s’interroge sur ce qu’il définit comme le « monde des 20% ». Il existe toute une série de candidats minoritaires, d’évènements improbables et de politiques extrémistes (si ce n’est dangereuses pour l’équilibre et la stabilité), qui seront dans tous les cas en mesure de « marquer les démocraties des deux côtés de l’Atlantique ».

De Trump à Corbyn, de Le Pen au Brexit

Commençons par Donald Trump, le candidat républicain à l’élection présidentielle des États-Unis : son idée de bannir Internet et les musulmans fait partie de ses déclarations les plus récentes et les plus retentissantes. Selon les parieurs, il conserve malgré tout environ 17% de probabilité de l’emporter. À peu près comme Jeremy Corbyn au Royaume-Uni, le « socialiste » qui fait plus peur aux Travaillistes qu’aux Conservateurs. Ou comme Marine Le Pen, dont le pourcentage de réussite à l’élection présidentielle de 2017 drague les 25%. Le risque concret d’un Brexit (une sortie du Royaume-Uni de l'UE, ndlr) ne laisse également présager rien de certain (ou de bon) au référendum qui pourrait avoir lieu en juin : différents analystes y voient moins clair que lors du précédent référendum sur l’indépendance écossaise.

Nous sommes effectivement sur le terrain des probabilités. Nous parlons d’une possibilité sur cinq. John Micklethwait rappelle toutefois qu’un évènement considéré comme hautement improbable, aussi bien par les sondages que par les bookmakers, ne signifie aucunement qu'il soit impossible. Il affirme d’ailleurs que les forces et les partis considérés comme marginaux suscitent déjà quelques inquiétudes : Syriza et Tsipras dirige le gouvernement en Grèce, les nationalistes et les populistes dirigent des pays tels que la Hongrie d’Orbán, la Pologne et la Finlande. Et dans un climat où les électeurs sont déçus et extrêmement critiques envers l'establishment, la population est facilement amenée à prendre en considération des solutions extrêmes.