Le chiffre qui parle : le coût de Schengen

Article publié le 5 février 2016
Article publié le 5 février 2016

Le 27 janvier dernier, la Commission européenne a présenté un projet afin de rétablir les contrôles frontaliers au sein de l'UE durant les deux prochaines années, dans le but de faire face à la crise migratoire. Mais il y a une chose dont quasiment personne ne parle : supprimer Schengen nous coûterait très cher. À bien des égards.

On a eu droit à de nombreuses appellations : la génération Y, la génération Erasmus et puis maintenant, c'est la génération Schengen. Durant notre brève existence, beaucoup ont déjà eu la chance de pouvoir vivre dans un ou plusieurs pays de l'Union européenne qui n'est pas le leur ou, tout du moins, de voyager à travers le vieux continent sans avoir besoin de passeports ni de visas. Mais c'est au moment même où l'accord de Schengen vient de fêter son 30ème anniversaire que celui-ci est plus que jamais menacé.

De nombreux pays de l'UE envisagent la possibilité de récupérer leurs frontières nationales (ou l'ont déjà fait) et la Commission européenne, quant à elle, a mis en place un projet pour rétablir les contrôles frontaliers durant deux ans. Mais au-delà du fait que cette décision met un terme à nos rêves d'aller étudier un an à l'étranger ou de passer deux semaines avec un sac à dos à parcourir l'Europe avec Interrail, il y a quelque chose que l'on ne nous a pas dit : combien cela nous coûterait de supprimer Schengen ? Réponse : Une fortune.

D'après  le think tank français France Stratégie – un cabinet d'études rattachée au gouvernement français – remettre les contrôles frontaliers en Europe coûterait la bagatelle de 110 milliards d'euros au cours de la prochaine décennie. Le tourisme, les investissements étrangers et le transport de marchandises en seraient les principales victimes. Mais les répercussions de ce changement vont beaucoup plus loin. Non seulement notre liberté de mouvement en serait affectée, mais s'avérerait de surcroît anti-économique. Longue vie à Schengen.