Le catalan dans l'Europe postmoderne

Article publié le 18 mai 2004
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Article publié le 18 mai 2004

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Si dans l’Europe des Quinze le catalan était la septième langue la plus parlée mais la plus inconnue, l’invisibilité du catalan en Europe devient incompréhensible avec l’élargissement à Vingt-cinq.

Dans un monde globalisé, pourquoi compliquer les choses avec une autre langue régionale ? Né entre les VIIIe et Xe siècles, le catalan est parlé par plus de 7 millions de citoyens et compris par presque 10, c’est à dire dix fois plus que le letton ! Considéré comme une langue minoritaire, il détient un statut de langue officielle dans la principauté d’Andorre. De même trois communautés autonomes espagnoles l’ont adopté en tant que deuxième langue officielle. En Europe, il est plus parlé que le finnois et le danois et ex aequo avec le suédois, le grec ou le portugais. Un tiers des Européens qui parlent des « langues minoritaires » parlent le catalan, avant le galicien (13 %), l’occitan (11 %) et l’allemand hors d’Allemagne et d’Autriche (9 %). Une Europe plus démocratique, unie et basée sur la subsidiarité doit nous conduire à adopter le catalan comme un instrument supplémentaire nécessaire à l’intégration européenne et pour améliorer qualitativement notre travail.

Après café babel et l’Eurovision, le catalan dans le Traité constitutionnel ?

Selon l’actuel président du gouvernement espagnol, José Luís Rodríguez Zapatero, « la langue est une preuve de culture, et la culture est une façon de comprendre les autres ». En fait, l’Espagne tentera de constitutionnaliser le catalan dans la « Constitution Européenne ». Pour cela, l’Espagne peut compter sur le soutien du président du Parlement européen, Pat Cox, et de la présidence irlandaise. En revanche, la France reste très réticente. Pourtant, si 50 % des personnes parlant des langues « régionales ou minoritaires » viennent d’Espagne, un pays foncièrement décentralisé, 23 % d’entre elles sont françaises.

Cox a proposé comme une solution possible le statut du gaélique, langue officielle en Irlande (comme l’anglais. L’article 8, alinéa 3 de la Constitution irlandaise se lit ainsi : « L'usage exclusif d'une des deux langues peut être prévu dans un ou plusieurs buts officiels, aussi bien dans l'État tout entier que dans l'une de ses parties). Tous les documents de valeur constitutionnelle doivent être traduits et les citoyens ont le droit de consulter les institutions européennes et d'avoir des réponses dans leur propre langue.

L’adhésion de l’Andorre à l’UE

Faute de volonté politique, l’adhésion de l’Andorre à l’UE résoudrait ce grand « problème » : langue d’Etat, le catalan deviendrait une langue officielle en Europe. Au final, à force d’attendre que des dynamiques politiques portent leur fruit, la société civile européenne finit par être en avance : Marta Roure, première candidate andorrane dans l’histoire de l’Eurovision, aurait pu gagner le concours de 2004. Evidemment, café babel parie sur le catalan, et parie sur l’Europe postmoderne qui va au delà des Etats et de la logique intergouvernementale. Défendre le catalan, c’est promouvoir plus d’Europe.