Le Bulli a bouclé son tour

Article publié le 13 octobre 2014
Article publié le 13 octobre 2014

Claire Audhuy et Baptiste Cogitore, les deux jeunes reporters du « Bulli Tour Europa », ont achevé leur périple en Europe de l’Est. Lutte contre la corruption, volonté de vivre-ensemble ou multiplication de créations artistiques : cette expérience leur a permis de voir plus clair sur l’Union européenne.

Après 16 000 km à travers vingt-et-un pays pour leur road-trip journalistique, Claire Audhuy et Baptiste Cogitore ont fait leur retour à Strasbourg le week-end du 4 octobre 2014. Sollicités pour raconter leur périple, ils sont intervenus à l’Université de Strasbourg pour une première conférence.

« On avait imaginé un itinéraire pour aller à la rencontre des Européens », rappelle Claire. Au bout de 8 000 km et de nombreux échanges, leur conclusion est déjà faite : « La corruption est très présente à l’Est. Beaucoup attendent de l’Europe un soutien pour l’éradiquer. On a senti une envie de changement », avait noté Claire à mi-parcours.

Une envie de changement d’autant plus forte que les pays de l’ex-Yougoslavie souffrent toujours des affres de la guerre, notamment la Croatie. « Vulovar est une ville qui a une histoire très dure. Et rien n’est réglé, les bourreaux de la guerre y vivent toujours et croisent leurs victimes », rapporte Baptiste. Les populations serbes et croates vivent séparément dans la ville. « Le fossé se creuse au quotidien, difficile d’imaginer un avenir commun », souligne Claire dans leur reportage consacré à la ville croate.

Malgré les tensions qu’ils ont pu ressentir, ce qui les a aussi frappés, c’est la solidarité à laquelle ils ont pu assister. Dès son retour, Claire présente au public le bracelet aux couleurs de l’Ukraine qu’elle porte : « C’est grâce à une communauté de personnes qu’on a pu rentrer sans problème. » Une communauté soudée. Comme celle qu’ils ont intégrée lors du meeting Volkswagen des Balkans, où le Bulli a remporté un prix.

Un défi journalistique

Au final, le tour s’est passé comme prévu. « On a été vigilant », précisent-ils. Seul bémol : une panne en Ukraine qui les a immobilisé une dizaine de jours à Lviv. « En raison du retard sur notre planning, nous n’avons pas pu aller jusqu’à Bratislava », explique Baptiste.

Les deux globe-trotters ont pu effectuer l’ensemble des reportages prévus, même si Baptiste a eu quelques regrets. « Je voulais faire une séquence sur la frontière bulgare pour montrer comment l’UE se protège. Mais les responsables politiques n’ont pas voulu communiquer. Je regrette de ne pas avoir pu filmer l’hypersécurisation et la vie dans un camp de réfugiés », confie Baptiste. « Et les gens qui arrivent dans le camp sont choqués, ils attendaient autre chose de l’Union européenne », ajoute Claire à propos du camp d’Harmanli.

Autre défi en Transnistrie, en Biélorussie et en Russie : Claire et Baptiste ont dû cacher leur identité de journalistes pour entrer sur le territoire, où la liberté de la presse n’est pas garantie.

Un Tour suivi avec attention

Que ce soit en France ou dans les pays traversés, le Bulli Tour a su charmer le public. « Ce que j’ai aimé dans le Bulli Tour Europa, c’est l’originalité du concept, indique Nicolas Hecquet, qui a trouvé pour Claire et Baptiste le combi. J’ai été content de suivre régulièrement leur carnet de route et de découvrir, grâce à eux, Shutka Roma Rap, le groupe de rap rom macédonien. »

 Une centaine de personnes se sont pressées jeudi 9 octobre à leur première conférence pour en savoir davantage sur leur voyage. « La première question que l’on nous pose, c’est de savoir qu’est-ce qui nous a le plus touché, dévoile Claire. On est d’accord pour dire que c’est notre rencontre avec Basel, un jeune réfugié syrien rencontré dans le camp d’Harmanli, en Bulgarie. Son université et sa maison ont été bombardés. Il a donc décidé de venir en Europe, en passant par la Turquie. Dans le camp d’Harmanli, il était le seul à parler allemand, d’où notre rencontre. » Basel, arrivé il y a peu de temps à Dortmund, en Allemagne, leur a donné rendez-vous pour des retrouvailles. « Grâce aux réseaux sociaux, on a pu garder contact avec une trentaine de personnes que nous avons rencontré au cours du Bulli Tour Europa », signale Baptiste.

Leur aventure terminée, les deux jeunes diplômés projettent de réaliser un film en partenariat avec Alsace 20 et de publier un livre reprenant leurs notes et leurs photographies : « On a énormément de matière. Maintenant, il faut que tout ce qu’on a avalé mûrisse. »

Retrouvez Claire Audhuy et Baptiste Cogitore mercredi 15 octobre 2014 à 19 h au Lieu d’Europe, jeudi 16 octobre à 19 h au café Les Savons d’Hélène ou encore le samedi 25 octobre à 17 h à la librairie Kléber de Strasbourg.