Le budget rentre dans le cadre

Article publié le 28 juin 2013
Article publié le 28 juin 2013

En direct du sommet.

On n'y croyait plus! Alors qu'en début de semaine encore, les négociations sur le budget européen paraissaient dans l'impasse un accord est intervenu jeudi en marge du sommet entre le Parlement européen et la présidence irlandaise. Le sommet est sauvé, l'Europe devrait enfin avoir un budget, et donc un moyen de financer sa politique. Revenons sur cet accord capital.

L'Union européenne décide de ses budgets pour une période de sept ans, cela offre deux avantages non négligeables: Il est possible d'avoir une bonne lisibilité financière et l'on ne débat qu'une fois tous les sept ans. Mais revers de la médaille, les négociations sont d'autant plus âpres qu'elles sont rares. Il s'agit pour la Commission de mettre d'accord vingt sept chefs d'Etat aux intérêts pas toujours convergeant avec un Parlement qui n'apprécie guère le poids des Etats dans l'UE.

La première proposition de budget de 1.033 d'euros faite en novembre dernier par la Commission proposait un budget légèrement en hausse. Ce qui n'a pas plu à certains membres qui y voyait de l'argent perdu. Le Parlement voulait lui un budget fort et flexible. En effet le mécanisme pluri-annuel entraine des pertes d'efficacité, il convient donc selon Strasbourg d'être plus flexible pour être plus efficace. Les Etats membres traînent des pieds car en effet l'argent non dépensé à la fin d'un cadre budgétaire retourne chez les Etats membres.

Le timing est la clé dans une négociation. Le Conseil se devait d'avoir un accord avant le sommet s'il voulait que ses propositions sur l'emploi des jeunes soient crédibles. Il fallait donc un accord rapidement, et le Parlement européen se retrouvait alors en position de force. Pas suffisamment pour revenir sur la baisse du budget mais assez pour obtenir la flexibilité qu'il désirait.

C'est jeudi matin qu'a eu lieu le réunion de crise qui a débloqué la situation. A l'initiative de du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, Martin Schulz, président socialiste du Parlement européen et Enda Kenny, le Premier ministre irlandais se sont réunis et ont obtenu leur compromis.

Le budget est donc en baisse de 977 milliards on passe a 908 milliard. De nombreux eurodéputés verts et socialistes s'insurgent, considérant que Martin Schultz a tout donné au Conseil. De son côté David Cameron a tenté jeudi un ultime bluff pour préserver son rabais. Il ne faut pas trop s'en inquiéter “David Cameron n'est jamais content quand on parle de budget” déclarait M Schultz lors de sa conference de presse. C'est donc sans surprise que l'on a appris dans la nuit de jeudi a vendredi que le Conseil avait avalisé l'accord.

Mais les parlementaires contestataires ne devraient pas empêcher la ratification du texte à Strasbourg le 3 juillet, en effet le PPE et la ALDE ont déjà annoncé qu'ils voteraient le budget. La majorité devrait donc être trouvée.

Comme l'a dit Monsieur Baroso en conférence de presse “c'est un bon jour l'Europe.”