Le Brexit met en péril l'avenir de notre génération

Article publié le 26 juin 2016
Article publié le 26 juin 2016

[ÉDITO] Premier jour d'une nouvelle ère amorcée par l'événement que de nombreux européens continentaux estimaient impossible : le Royaume-Uni a quitté l'UE. Le camp du Remain (en faveur du maintien) a perdu de peu, à 48 % contre 52 % pour le camp du Leave.

Beaucoup d'encre a déjà coulé au sujet des fossés qui se creusent, surtout au sein de la population. L'un des plus importants, c'est le fossé générationnel. Les personnes âgées ont encore une fois voté contre les intérêts des jeunes. Mais ce ne sont pas elles qui devront vivre pendant des décennies avec cette décision qu'elles imposent. D'après le site YouGov, les 18-24 ans ont voté à 75 % pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. Seuls 56 % des 25-49 ans ont voté pour le maintien. Enfin, seuls 39 % des personnes âgées de plus de 65 ans ont voté pour une Grande-Bretagne au sein de l'UE. Conclusion : plus on est âgé, plus on est pro-Brexit.

Mais les jeunes britanniques ne sont pas seulement ceux qui seront le plus touchés par les conséquences du référendum - ce sont aussi les plus tristes, pour la plupart. Ils sont habitués aux échanges, et à la facilité de déplacement qui leur permet de voyager en Europe : ils peuvent étudier et travailler à l'étranger, en Europe, sans contrôle aux frontières. Mais ce n'est pas tout : les universités britanniques reçoivent des subventions de l'UE qui s'élèvent à des milliards d'euros. La science dépend de l'UE, et la finance, tout comme la coopération internationale sont affectés par la sortie du Royaume-Uni. De nombreux emplois dans le domaine des mathématiques, de l'informatique, des sciences naturelles et de la technologie sont désormais menacés - des emplois qui sont essentiels pour l'avenir des jeunes. Le taux de chômage des jeunes est déjà de 13,7 %.

Il était déjà clair, avant le référendum, que le vote des jeunes serait décisif. Mais cela n'a pas été totalement pris au sérieux. David Cameron a rejoint le réseau de l'appli Tinder pour récolter les voix de jeunes électeurs - comme si c'était un moyen indispensable pour que les jeunes qui n'appartiennent à aucun bord politique votent. La campagne électorale a été menée pratiquement exclusivement par des hommes d'un certain âge. Le camp du Leave aussi bien que le camp du Remain ont joué sur la peur - la peur de ce qui se passerait si les électeurs prenaient la mauvaise décision. Le futur-ex-premier ministre David Cameron aurait pu mettre l'accent sur les éléments positifs de l'Europe pour séduire les jeunes. Il ne l'a pas fait. 

Quoi qu'il en soit, le vote du Brexit signe le rejet des espoirs et des rêves des jeunes britanniques et européens. On leur a montré que la séparation et le nationalisme ont triomphé. Que la peur a vaincu l'optimisme. Que les jeunes sont soi-disant l'avenir - mais qu'on ne prend pas leur avenir au sérieux. Un refrain.

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Il nous a été officiellement interdit de citer les Clash, mais la question rappelle bel et bien cette fameuse chanson. Le 23 juin prochain, les citoyens britanniques se rendront aux urnes pour décider, ou pas, du maintien du Royaume-Uni dans l'UE. Huge. Tant et si bien qu'on a 2 ou 3 choses à dire sur le sujet. Retrouvez notre dossier très costaud sur la question du Brexit.