Laurent qui rit, Alassane qui pleure

Article publié le 11 mars 2011
Article publié le 11 mars 2011
Par Edgar Makanga En Côte d’Ivoire, cela fait plus de trois mois que Laurent Gbagbo, président sortant, et Alassane Ouattara, son challenger, fragmentent un pays déjà divisé. Alors qu’on pensait que la résolution de ce conflit électoral ne serait qu’une question de semaines, aujourd’hui, la situation semble plus que jamais dans l’impasse.
Il faut dire qu’entre-temps les révolutions arabes ont absorbé l’attention des médias et de la communauté internationale.

Alassane Ouattara, dont l’élection a été validée par la Commission électorale indépendante et les observateurs de l’ONU, doit sans doute être l’un des rares dirigeants démocratiquement élus au monde à fulminer contre les révolutions populaires qui ont touché le monde arabe. Et on peut le comprendre. En effet, les premières escarmouches de la révolution du Jasmin en Tunisie ont démarrées au moment où les pressions internationales se faisaient de plus en plus pressantes et insistantes envers Laurent Gbagbo. Un président sortant qui, en dépit des sanctions des États-Unis et de l’Union Européenne, mais aussi des pressions de l’Union africaine et de la CEDEAO (Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest), s’accroche vaille que vaille à son pouvoir.

Mais la communauté internationale eut à peine le temps de hausser le ton que déjà, les spotlights ont déserté les rues d’Abidjan pour déambuler dans les allées de Tunis, du Caire ou de Tripoli. Si le caractère exceptionnel et historique de ces soulèvements arabes justifie une telle couverture, l’escalade de la violence en Côte d’Ivoire n’en reste pas moins très préoccupante.

Ainsi, dans l’indifférence quasi générale, les exodes de civils continuent, et surtout, le pays s’enlise dans une guerre civile entre les insurgés et les forces loyales à Laurent Gbagbo. Ces dernières n’hésitent pas à ouvrir le feu sur la foule, et même sur des femmes, lors des manifestations pro-Ouattara.

Cette semaine, même si Catherine Ashton a réitéré son appel au départ de Laurent Gbagbo, la situation en Libye demeure toujours sous les feux de la rampe. Et ce, aussi bien dans les contenus des médias que dans le sommaire de ce Conseil européen extraordinaire.