L’annonce d’un potentiel Brexit au sommet européen : décryptage

Article publié le 3 janvier 2016
Article publié le 3 janvier 2016

[Opinion] Ok, il est maintenant temps d’analyser le Brexit... La question du maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union Européenne a fait l’objet de nombreux débats entre les dirigeants européens, mais la vraie question est de savoir si David Cameron arrivera à convaincre les eurosceptiques britanniques.

Apparemment, David Cameron a fait une bonne allocution lors du dîner du Conseil européen jeudi soir. Les autres dirigeants européens ont été sensibles à l’aura qui émanait de sa « prestation ». Tous ont quitté le sommet décidés à parvenir à une conclusion positive sur « l’accord quatre-en-un » qui concerne les relations entre les pays (non-)membres de la zone euro : la compétitivité, la souveraineté et la libre circulation des personnes.

Derrière ce débat, on retrouve le statut « spécial » de la Grande-Bretagne au sein de l’Europe et le fait qu’elle souffre de « stress post-impérialiste », qui est un « syndrome » assez commun à une grande partie des Etats-membres.

Voyons les choses en face : la Grande-Bretagne est la plus grande île de l’Union Européenne et cela implique une certaine façon de penser. On devrait déjà être contents que le Tunnel sous la Manche nous permette de prendre le train jusqu’à Londres.

Lorsque David Cameron est arrivé à Bruxelles, ses premiers mots ont été « J’ai le consentement royal ». Il a ainsi clairement exprimé qu’il croit sincèrement être en « mission patriotique » et, honnêtement, il ne ménage pas sa peine. Il a visité toutes les capitales européennes, et travaille en étroite collaboration avec le président européen Donald Tusk, qui prend de plus en plus d’importance.

Qui est donc le méchant de cette histoire, contre qui David Cameron « lutte »-t-il ?

Ses souhaits sont relativement peu nombreux et, dans l’état actuel des choses, l’Europe entière semble être prête à faire le nécessaire pour parvenir à un accord.

C’est avec « son peuple », les eurosceptiques britanniques, que David Cameron doit réellement négocier. Interviewé par Cafébabel lors de la conférence de presse qu’il a donnée après le dîner, le Premier ministre néérlandais Mark Rutte a dit qu’un « accord satisfaisant pourrait faire pencher la balance en faveur de David Cameron ».

Cette balance penchera-t-elle ?

Telle est la question.

Est-ce qu’il « lutte pour la Grande-Bretagne », pour reprendre ses propres mots, ou lutte-t-il pour l’Europe ?

Telle est la question.