L'Anglais comme Lingua Franca? Adopté!

Article publié le 3 décembre 2015
Article publié le 3 décembre 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Rendez-vous est pris : Le 26 Septembre c'est la journée européenne des langues. L'Union Européenne célèbre le multilinguisme contre les barrières des langues, alors que la proposition d'une Lingua franca émerge à nouveau. La diversité des langues est cependant une marque politique pour l'Europe.

Tandis que l'UE se prépare comme chaque année, en collaboration avec le Conseil de l'Europe, à célébrer le 26 septembre la journée européenne des langues, de la diversité linguistique et du multilinguisme de ses citoyens, "DebatingEurope", la plateforme de débats sur l'Europe, soulève à nouveau la question de la nécessité d'une langue commune.

Depuis début septembre de cette année, on y discute passionnément sur: "Can a European identity exist without a common language?", soit, une identité commune est-elle possible pour l'Europe sans une langue commune et/ou sans Lingua franca. Un tel débat a-t-il vraiment encore du sens? 

  Des contradictions qui n‘en sont pas

La politique linguistique de l'Union Européenne, sur laquelle, en 2002, se sont mis d'accord tous les États membres à Barcelone, ne laisse planer aucun doute sur l’idée selon laquelle l’identité commune de l'Europe repose sur le multilinguisme et la diversité des langues.

On pourrait croire à une contradiction  Mais la recette est en réalité tout sauf contradictoire :  Tandis qu’un Européen cultivé parle et écrit au moins deux langues étrangères, il achète chaque matin ses petits pains dans sa langue maternelle, confirmant l’exactitude du slogan de l’UE « uni dans la diversité ». 

En d'autres termes: Par la reconnaissance de la spécificité culturelle et de la valeur distinctive de chaque langue s’est créée une identité européenne commune où chacun conserve son identité propre. Par cette idée, tout semble bien défini. Donc, pourquoi aborder cette question complexe de la nécessité d'une langue commune ?

  L’Anglais comme Lingua franca de l'UE

« Debating Europe » (plateforme de débat sur l’Europe)  renvoie à une enquête de l'année 2012, selon laquelle 67% des personnes interrogées considèrent l'anglais comme une langue nécessaire. D’ailleurs 38% des jeunes entre 18 et 25 ans habitant l’Union Européenne parle l'anglais (comme langue étrangère). Il ressort également d’une autre enquête de 2014 que 61% des personnes interrogées se considèrent elles-mêmes comme citoyennes de l'UE.  

Ainsi, il apparaît tout à fait inutile de créer une langue commune pour créer une identité commune.  Mais si on devait, pour une raison ou pour une autre, choisir une « Lingua franca », alors il serait fort probable que le choix tomberait sur l’Anglais.

  ... et pourtant, il n’y a pas de Lingua franca

Si l'Anglais devait occuper officiellement la fonction de Lingua franca, cela se répercuterait négativement sur elle. Cela apparaît d’ailleurs dans le rapport de 2011 du CORDIS, service d’information de la Commission Européennne avec le titre « Lingua Franca: Chimera or Reality?" (chimère ou réalité?). La facilité de compréhension, la flexibilité et l’efficience de la communication deviendraient plus importantes que l'exactitude des termes d’une langue maternelle.. Et l’Anglais en souffrirait..

Mais, encore plus grave, «  les avantages et les traditions scientifiques et culturelles des Européens contenues dans leurs différentes langues, se perdraient petit à petit dans une langue d'unité », précise ainsi Gerhard Stickel, l'ancien président de la fédération européenne des instituts linguistiques nationaux lors d’un entretien avec l'institut Goethe en 2006.

Des diversités linguistiques communes

On ne doit pas renoncer à la diversité linguistique pour supprimer les barrières de la langue. On ne peut tout simplement pas en prendre le chemin par une formation ciblée et encouragée. A ce propos, l'Allemagne, par exemple, a pris position.  L’aptitude et le plaisir d’apprendre jouent aussi un rôle.

Le Centre fédéral allemand de promotion des langues étrangères qui est soutenu chaque année par le Ministère fédéral de la formation et de la recherche, donne par exemple la chance de tester les connaissances linguistiques diverses de la nouvelle génération. Toutes les langues étrangères sont ainsi mises en concurrence pour être ensuite enseignées dans les écoles en Allemagne. Les langues anciennes comme le latin et le grec en font également partie. Par contre, les langues  artificielles comme l'esperanto ou le klingon sont exclues du panel.

A raison? Aujourd’hui, une langue est bien plus que la Verbalisation de pictogrammes. Les langues doivent en effet transmettre les diverse réalités quotidiennes sur un plan culturel. Et ceci sera célébré le 26 Septembre.