L'Andalousie toujours plus européenne et plus critique

Article publié le 30 mai 2016
Article publié le 30 mai 2016

L'étude menée sur la réalité sociale en Andalousie révèle que les Andalous considèrent l'appartenance à l'Union européenne comme une bonne chose, même si 50% d'entre eux pensent que les décisions prises à Bruxelles ne les concernent pas.

A l'occasion de la célébration annuelle de la Journée de l'Europe le 9 mai dernier, le directeur du Centre d'Etudes Andalouses Javier Aroca a présenté les résultats de l'étude sur la réalité sociale en Andalousie, qui révèlent la vision qu'ont les Andalous de l'Europe.

Ces résultats sont mitigés. En général, ils montrent une tendance en adéquation avec la situation de crise qui frappe l'Europe. Mais quelque chose a changé : les Andalous ont maintenant une vision plus critique des aspects positifs et négatifs liés à leur appartenance à l'Union européenne.

Si "en rejoignant l'Europe on pensait qu'ils allaient détruire tous les oliviers d'Andalousie", aujourd'hui, 54,6% des Andalous voient l'appartenance à l'UE comme quelque chose de positif. Le changement signifie peut-être que l'on connaît mieux l'UE aujourd'hui, car le temps nous a apporté l'expérience, et l'expérience a montré que nous avons survécu aux crises, ce qui laisse à penser que nous survivrons à celle-là. Et bien que les médias affirment que l'UE affronte actuellement sa crise la plus importante, l'histoire est du côté de l'Europe. L'Europe est née d'une crise, et peut-être la crise actuelle est-elle nécessaire pour changer le cours des choses et en faire une Europe aux valeurs plus sûres.

Ce sont précisément les trois crises qui ont ouvert une brèche en Europe qui préoccupent le plus les habitants de la région. L'immigration, l'économie et le terrorisme sont les questions qui donnent le plus de tracas aux Andalous. Mais ce qui les inquiète également, c'est la façon dont l'Europe se germanise : 9 Andalous sur 10 déplorent une Europe toujours plus à droite et tiennent l'Allemagne pour responsable de cette dérive.

De plus, les habitants de la région considèrent que les zones les plus riches sont les plus grands bénéficiaires des politiques de l'Union européenne : une idée assez paradoxale si l'on prend en compte le fait que l'Andalousie est une des régions qui a reçu le plus de fonds européens. De ce fait, les Andalous prient l'Europe de les écouter, car 25% croit n'avoir "aucune" possiblité d'influer sur les décisions prises à Bruxelles. Par ailleurs, 6 habitants sur 10 voient l'Union européenne comme quelque chose de très lointain.

En ce qui concerne la crise économique, 45,8% des Andalous pensent que l'appartenance à l'Europe les a aidés à l'affronter. Dans le même temps, 85,5% affirme n'avoir jamais pensé que l'euro était en danger en ces temps de crise.

D'une manière générale, l'étude révèle que les Andalous ont une vision globale positive de l'appartenance à l'UE, tout en montrant leur désaffection, par certains aspects, à l'égard de Bruxelles. Mais cette désaffection ne doit pas être interprétée comme quelque chose de négatif, bien au contraire. La conscience critique émerge avec la connaissance : peut-être est-ce maintenant que les citadins commencent à véritablement prendre conscience du rôle des institutions européennes.

Et en ces temps d'incertitude, il va falloir un message clair de la part des institutions européennes : il va falloir réussir à faire changer d'avis les 50% d'Andalous qui pensent que l'Europe ne les concerne pas, et les autres qui pensent que seuls les Etats membres peuvent prendre part aux politiques européennes, de telle sorte qu'ils se rendent comptent que l'Europe a un impact sur des choses aussi essentielles et quotidiennes que le prix du pain, du lait ou de l'eau.