L’allié inconnu : la Bulgarie dans la Première Guerre mondiale

Article publié le 11 juillet 2009
Article publié le 11 juillet 2009
Par Perrine Recours Faire découvrir un « allié inconnu » de la Première Guerre mondiale, tel est l’objectif de l’exposition qui vient d’ouvrir au musée d’histoire militaire de Vienne, et qui sera accessible au public jusqu’au 21 février 2010.
L’exposition temporaire met en lumière le rôle de la Bulgarie en tant qu’allié méconnu des puissances centrales – l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Empire ottoman. Une exposition diversifiée et enrichissante, malgré un manque d’explications qui peut laisser le visiteur sur sa faim.

Très documentée, l’exposition commence par décrire l’engrenage qui a amené la Bulgarie à entrer dans la seconde guerre mondiale en 1915, en déclarant d’abord la guerre à la Serbie, alors dans le camp des « Alliés » (Grande-Bretagne, France, Russie). Peu après son indépendance acquise en 1908, la Bulgarie est partie prenante des deux guerres balkaniques de 1912 et 1913, sur fonds de dislocation de l’Empire ottoman considéré comme « l’homme malade de l’Europe ». Lors de la première guerre balkanique, la Serbie, la Bulgarie, la Grèce et le Monténégro s’allient contre l’Empire ottoman pour « libérer » la Macédoine. Cette dernière est récupérée par la Serbie alors que la Bulgarie revendique ce territoire, ce qui mène une seconde guerre balkanique en 1913, gagnée par la Serbie. C’est ainsi que lorsque le conflit mondial se déclenche, la Bulgarie se place logiquement du côté des puissances centrales.

Sont rassemblés pour l’exposition de nombreux uniformes, armes et insignes militaires portés par la jeune armée bulgare pendant les trois années du conflit, ainsi que des documents et des photos témoignant de la situation sur le front et dans le pays. L'une de ces photos montre ainsi le roi (« tsar ») bulgare Ferdinand en compagnie de l'empereur austro-hongrois François-Joseph. Parmi les autres documents disponibles : des cartes de campagne, des plans de bataille, des extraits de traités, des affiches et des articles de journaux. Toutes ces pièces permettent de comprendre la stratégie militaire de la Bulgarie et son rôle auprès des puissances centrales, ainsi que la réalité sur le terrain.

Toutefois, certains documents de l’exposition sont assortis de trop maigres explications. Ainsi une série d’affiches d’un journal satirique publié en 1917-1918 a-t-elle été exposée sans la moindre traduction ni la moindre information – pour comprendre que le journal s’appelle « Balkanski Papagal » (Perroquet des Balkans) et pour savoir quels sont les pays concernés par les caricatures, mieux vaut savoir déchiffrer l’écriture cyrillique, ce qui n’est pas à portée de tout le monde. Par ailleurs, aucun bilan de la guerre n'est présenté à la fin de l'exposition, laissant un peu le visiteur sur sa faim.

Lieu de l’exposition

Musée d’histoire militaire  (Heeresgeschichtliches Museum)

Militärhistorisches Institut

Arsenal, Objekt 1

A-1030 Vienne

www.hgm.or.at

Ouvert tous les jours de 09h à 17h

Prix : 5,10€   /  tarif réduit : 3,30€

Gratuit le 1er dimanche du mois

Durée de l’exposition

Du 24 juin 2009 au 21 février 2010

Visites guidées le 19 juillet 2009 à 11h et à 14h45