L’agrotourisme, une nouvelle tendance portée par l’UE

Article publié le 15 août 2009
Publié par la communauté
Article publié le 15 août 2009
L'Union européenne est désormais sensible aux problématiques des régions agricoles souvent défavorisées. Ainsi, un des nouveaux rôles de la PAC est de maintenir la vitalité du monde rural et d’aider ses acteurs à réfléchir sur le potentiel de leur territoire dans une perspective de long terme. Pour cela, une nouvelle forme de tourisme est née : le tourisme à la ferme.

Pour revaloriser le métier d’agriculteur

 L’agrotourisme, c’est son nom. Pas besoin de partir à l’autre bout du monde pour se ressourcer et découvrir des saveurs et des traditions, le tout dans un cadre chaleureux. L’agriculteur du 21ème siècle a diversifié son métier et peut être un hôte qui fait découvrir à ses clients (des touristes étrangers mais plus souvent autochtones) le milieu agricole et ses productions diversifiées. Il peut vendre ses produits, proposer des activités variées et faire partager aux visiteurs sa table, son mode de vie et son métier. L’agrotourisme valorise l’agriculture et permet aux voyageurs de découvrir le pays à travers l’identité forte des agriculteurs. Il permet également de créer un lien entre les citadins et les paysans d’habitude peu accessibles.  Dionis est agriculteur dans la région de Girona et il produit un peu de céréales pour les jeunes bovins qu’il engraisse. Cela fait sept ans qu’il fait de l’agrotourisme et il en est très satisfait. Certains visiteurs s’intéressent à son métier et posent quelques questions simples, faute de connaissances,  mais Dionis est ravi de parler de ce qu’il fait.  Par ailleurs, les clients découvrent la réalité de l’agriculture trop souvent mal considérée. Il pense d’ailleurs convertir son exploitation en agriculture biologique car celle-ci attire davantage de clients que l’agriculture conventionnelle, victime de trop de préjugés.

Un supplément de revenu ou un autre métier ?

La PAC soutient ces initiatives et des encouragements facilitent l’investissement des agriculteurs. Pour Dionis, par exemple, 30% des travaux ont été financés par l’Union européenne. A une plus petite échelle, en France par exemple, à partir de 1988, les Chambres d'agriculture ont développé un soutien important pour l’agrotourisme comme le conseil technique, la mise en place de formations spécifiques, la professionnalisation et la mise en réseau des acteurs.  5800 adhérents font ainsi partie du réseau « Bienvenue à la ferme ».

L’agrotourisme est d’abord né dans les zones agricoles défavorisées mais il se généralise de plus en plus car partout, l’agriculture est de moins en moins rentable. Il est un marché prometteur car il apporte aux agriculteurs plus de bénéfices que la production agricole en elle-même. Les agriculteurs que nous avons rencontrés sont très satisfaits de cette activité. Cela demande du temps et de l’investissement mais cet engagement est très profitable.  Une agricultrice de la région de Huesca nous a même avoué qu’elle pensait abandonner son élevage pour se consacrer entièrement au tourisme rural. Même si elle possède 300 bovins à l’engraissement, son revenu est faible et il dépend trop des subventions européennes. Si celles-ci viennent à disparaitre, elle ne pourra plus vivre de l’agriculture.

 Dans un pays comme l’Espagne où le tourisme est la principale source de revenu, l’agrotourisme semble trouver sa place. L’agriculture qui jadis se consacrait uniquement à la production, permet aussi aujourd’hui de distraire les citadins…