L'affaire des 43 étudiants disparus au Mexique portée devant le Parlement européen

Article publié le 6 novembre 2014
Article publié le 6 novembre 2014

Depuis le 26 septembre, 43 étudiants sont portés disparus au Mexique. Une mobilisation a eu lieu à Bruxelles, et plus de 600 personnes ont signé une lettre demandant aux hauts représentants de l'Union européenne de condamner le gouvernement mexicain pour ces faits.

Ils étudiaient à l'école normale rurale d'Ayotzinapa, dans l'état du Guerrero. Le 26 septembre dernier, la police municipale a ouvert le feu sur l'autobus qui les transportait ; 6 d'entre eux ont été tués, et 43 autres ont été emmenés dans des véhicules de police.

Ce vendredi 31 octobre, plusieurs dizaines de personnes, dont de nombreux mexicains, ont organisé une manifestation au rond-point Schuman, à Bruxelles.

Une lettre aux multiples demandes

Une lettre signée par plus de 600 personnes a été adressée à Frans Timmermans, commissaire pour l'amélioration de la règlementation, les relations institutionelles, l'état de droit et la charte des droits fondamentaux; à Federica Mogherini, Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et à Teresa Jiménez-Becerril Barrio, présidente de la délégation à la commission parlementaire mixte UE-Mexique.

Les signataires signalent dans cette lettre qu'une résolution concernant ces évènements a été adoptée en session plénière à Strasbourg le 23 octobre, mais que le document n'a condamné que les faits, sans blamer le gouvernement mexicain.

Ils mentionnent également le fait que les Mexicains en Belgique, et les Européens témoignant de leur solidarité, demandent que justice soit faite pour les étudiants d'Ayotzinapa. Ils réclament par ailleurs une recherche plus active des responsables, et demandent à se joindre à la pétition que 17 députés européens et 4 parlementaires allemands ont envoyée le 10 octobre à la baronne Ashton, à Mme Mogherini et à M. Enrique Peña Nieto, le président du Mexique.

Ils demandent aux autorités européennes de suspendre le processus de renouvellement du partenariat entre l'UE et l'État mexicain jusqu'à ce que la vérité sur cette affaire soit révélée et que la confiance entre les Mexicains et les autorités puisse être restaurée.

Enfin, ils pressent l'Union européenne d'agir comme partenaire stratégique pour le peuple du Mexique, en protégeant la paix, la sécurité, et le respect des droits de l'Homme. 

Le gouverneur de l'état du Guerrero a déjà présenté sa démission; le Mexique, mais aussi les institutions internationales, font face à une pression de plus en plus forte. Reste à voir si le débat continuera au Parlement européen, et si tout ceci affectera les relations entre le Mexique et l'Union européenne.