L’accueil chaleureux de Cañete à Bruxelles

Article publié le 2 octobre 2014
Article publié le 2 octobre 2014

Le candidat proposé par Juncker au poste de Commissaire en charge du climat et de l'énergie est dans la ligne de mire des eurodéputés. Ceux-ci ont le pouvoir de rejeter sa candidature en la qualifiant de non « apte » et demander à ce qu’il soit remplacé.

Les groupes de la gauche parlementaire européenne veulent la révocation immédiate de Miguel Arias Cañete lors des auditions de cette semaine, mais pour cela, ils ont besoin de l’appui des socialistes. Or c’est justement là que ça risque de coincer, car il y aurait un supposé pacte de « non-agression » entre socialistes et conservateurs : si un candidat des conservateurs était refusé, un candidat des socialistes le serait aussi.

Au-delà des tractations politiques, Miguel Arias Cañete doit aussi faire face à une opposition forte de la société civile et des ONG, qui se sont mobilisées le jour de son « examen » de Commissaire pour faire pression sur le Parlement européen.

Les principales critiques envers le candidat au poste de Commissaire relèvent d’un problème de conflits d’intérêts. Cañete a en effet eu, pendant de nombreuses années, des parts dans des entreprises pétrolières, se retirant de celles-ci au dernier moment : la semaine précédant son audition. Les affaires économiques de sa famille proche sont aussi étudiées de près, car elles ont également des liens avec des entreprises agricoles et pétrolières.

Enfin, des eurodéputés de plusieurs groupes, des représentants de la société civile ainsi que la Commission des Droit des Femmes du Parlement européen ont critiqué les commentaires sexistes de Cañete lors d’un débat pour la campagne des élections européennes : « Si vous abusez de votre supériorité intellectuelle, vous apparaissez comme un machiste et vous semblez menacer une femme sans défense ».

La polémique a poursuivi Cañete jusqu’à Bruxelles, où il a été reçu sous les cris de « Stop Cañete ! ». Nous avons récolté quelques déclarations de manifestants, lors des protestations Place du Luxembourg, au cœur de la capitale de l’Europe.

Teresa Rodriguez, MEP Podemos

« Si Cañete est confirmé à son poste, cela ne fera que renforcer le discrédit envers les institutions de l’Union Européenne ».

Paloma Lopez, MEP Izquierda Unida 

« Il est tout à fait possible de débattre avec des femmes, il peut bien nous dire ce qu’il veut, nous avons les capacités suffisantes pour lui dire ce que nous pensons. Ses conflits d’intérêts sont comme l’énergie : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

Ernest Urtasun, MEP/EBRD ICV 

« Ce n’est pas l’Union européenne que nous voulons voir. Nous devons demander aux eurodéputés : comment voulez-vous défendre l’UE si vous acceptez  Cañete ? »

Jordi Sebastia, MEP Compromis

« Je me demande vraiment s’il existe quelqu’un de pire que Cañete dans toute l’Europe. C’est une provocation directe pour tous les citoyens ».

Pascoe Sabido, Corporate Europe Observatory

« Les grandes compagnies pétrolières dans leurs bureaux sont en train de se frotter les mains et de trinquer au champagne, heureux à l'idee que Cañete soit élu commissaire au Climat et à l'Énergie ».