La vie des jeunes femmes de georgie

Article publié le 17 octobre 2013
Article publié le 17 octobre 2013

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Grandir dans un pays post-soviétique où le temps semble s’être arrêté est difficile. La plupart de mes aïeux pensent que les femmes ne devraient pas avoir les mêmes droits que les hommes, et bien qu’il y ait eu quelques améliorations dans les années 1990, il demeure toujours aussi difficile d’être une femme en Géorgie

En tant que jeune femme, je me sens obligée de parler de la situation des femmes de mon pays, de la façon dont les hommes les traitent, et de mon expérience personnelle.

En Géorgie, de nombreuses traditions annihilent le potentiel des femmes. Les hommes considèrent que les femmes doivent rester à la maison pour cuisiner, prendre soin des enfants et faire le ménage. Ils se permettent également de battre leurs épouses et personne ne dit rien. Voici pourquoi peu de personnes dénoncent les violences domestiques. Les gens considèrent qu’il n’est pas de leur devoir de protéger les femmes de leurs époux violents. Les victimes de maltraitance sont désespérées et leurs enfants, qui voient et entendent tout, deviennent agressifs à mesure qu’ils grandissent.

En second lieu, la plupart des Géorgiennes sont sans emploi et sont dépendantes de leurs maris ou leurs parents. Voici un exemple personnel. Après le divorce de mes parents, notre famille, composée de quatre personnes – ma mère, ma grand-mère, mon petit frère et moi, était sans revenus. Ni ma mère ni ma grand-mère ne souhaitaient travailler. Malheureusement depuis, je ne peux pas regretter cette décision. Mon père a récemment commencé à travailler et nous aide désormais, mon frère et moi, mais je ne comprends toujours pas par quel miracle nous survivons. Ma mère a toujours été dépendante des autres membres de la famille – elle n’a travaillé qu’un an – et malgré tous les problèmes que notre famille a connu, elle n’a jamais contribué à ses revenus.

Cependant, de nombreuses femmes ne travaillent pas car leur famille ou leurs maris s’y opposent. Les hommes sont souvent jaloux et ne souhaitent pas que leurs épouses approchent d’autres hommes. Bien sûr il y a quelques exceptions, et je suis fière d’avoir des modèles de femmes fortes qui travaillent dur pour réussir leurs vies. Comme Manana, une de mes tantes, qui a une famille adorable et aime profondément son travail. Elle n’a aucun problème avec sa famille et son mari est compréhensif. En grandissant, je l’ai vue étudier et travailler dur. Manana s’est construite seule, personne ne l’a aidée. J’aimerais réussir aussi bien qu’elle, car elle demeure l’une des rares femmes de Géorgie à être indépendante. 

Comme une jeune Géorgienne de 18 ans, j’ai toujours été une enfant indépendante. Mes parents sont ouverts d’esprit, ils savent que je ne veux être dépendante de personne. J'ai effectué mon premier emploi dans le « fond de développement des médias sociaux », où j’ai travaillé en tant que blogueuse. J’avais à peine 15 ans et je ne gagnais pas d'argent, mais je voulais avoir une première expérience. Depuis, je travaille pour diverses organisations. L’une d’entre elles est l’organisation non-gouvernementale « Akhalgazrduli Initsiativa - Chaerte » (Initiative de la Jeunesse – Impliquez-vous) en 2012. Nous avons réalisé divers projets, et j’ai reçu mon premier salaire en juillet. Disposer de son propre argent est une sensation très agréable, et je suis désormais intimidée lorsque je dois demander de l’argent de poche à mon père.

J’adore écrire. Dès mes 12 ans, j’ai commencé à écrire des histoires d’amour. A 14 ans j’ai découvert le blogging, et je suis devenue à mon tour blogueuse. Ma famille me soutient beaucoup. Ils lisent tous mes articles et mon père m’a même acquis un nom de domaine. Ils parlent de mes articles avec leurs amis et leurs proches. Maintenant que j’étudie la psychologie et les sciences politiques à l’Université d’Etat de Tbilissi, j’espère réussir ma vie et être indépendante. Mon rêve est de posséder un appartement et de vivre seule. J’envisage de continuer à tenir mon blog, dans lequel je parle des gens et de la société géorgienne, et je souhaite également poursuivre l’écriture de mes articles en anglais, afin que les étrangers puissent comprendre les nuances entre la culture géorgienne et les évènements de tous les jours.